PMA

17 mai 2016 : IDABLHOT

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idablhot vitrail

FièrEs se mobilise pour l’IDABLHOT

A l’occasion de la Journée Internationale contre la Biphobie, la Lesbophobie, l’Homophobie et la Transphobie (IDABLHOT) le 17 Mai, FièrEs, en partenariat avec Aides Paris 12, organise 2 événements :
– un rassemblement contre les LGBT-phobies d’Etat le 17 Mai : événement Facebook et texte d’appel ici
– un village associatif le 21 mai : événement Facebook ici

Rassemblement
contre les LGBT-phobies d’Etat

Vous en avez marre de toutes les salades qu’on nous a racontées ? Nous aussi ! Rendez-vous le 17 mai à 19h devant le siège du Parti Socialiste pour manifester contre les LGBT-phobies d’État !

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Le 17 mai, lors de la « Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie, la lesbophobie et la transphobie » (IDABLHOT), les associations LGBT se mobilisent contre toutes les LGBT-phobies. Cette année, à un an de la prochaine élection présidentielle, mettons l’accent sur les LGBT-phobies d’Etat qui perdurent et rassemblons-nous près du siège du Parti Socialiste (PS) !

Les LGBT-phobies ne se résument pas à des faits isolés, des insultes et des agressions physiques. Elles ne se cantonnent pas aux familles, au travail et aux espaces publics. L’État nous refuse toujours des droits élémentaires, encourageant et légitimant les LGBT-phobies dans toutes les sphères de la société. Les LGBT-phobies d’Etat sont des obstacles majeurs dans nos parcours.

Trois ans après les premiers mariages, le temps n’est plus à la fête. Le gouvernement s’est donné bonne conscience : nous concédant « le mariage », et nous enjoignant de nous en contenter. Mais nous n’oublions pas les droits sacrifiés sur l’autel de mouvements LGBT-phobes : accès à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les femmes qui ne sont pas en couple avec un homme, droits des personnes trans, réforme de la filiation et reconnaissance des parents « sociaux » y compris hors mariage.

Par manque de courage politique, terrorisé par les initiatives homophobes, sexistes et transphobes qu’il a contribué à nourrir et faire grandir, le gouvernement a laissé tomber ses promesses, tout comme celles du candidat Hollande. Il a fait des discriminations que nous subissons au quotidien, des discriminations d’État. Le changement fait peur à un système d’oppression cis-hétéropatriarcal qui ne parvient à maintenir ses privilèges qu’en alimentant les inégalités, en cloisonnant lesgenres, les sexualités.

Les personnes trans sont pour l’instant victimes d’un vide juridique qui les fragilisent, les précarisent, dans la plus grande indifférence. La transphobie d’État doit être combattue par l’application des résolutions 1728 (2010) et 2045 (2015) votées par la France au Conseil de l’Europe. Elles faciliteraient le parcours chaotique de changement d’État Civil : celui-ci ne devrait relever d’aucune condition médicale, mais de la seule autodétermination de la personne.

La PMA doit être un droit pour tout.e.s, là où de nombreuses femmes mettent encore leur santé en danger, bravant l’hypocrisie juridique actuelle. L’attente, sans fin, de l’avis du comité consultatif national d’éthique est inacceptable. Elle est injustifiable politiquement. Le manifeste de 130 médecins spécialistes de la PMA* est un signal d’alerte. Il est urgent de légiférer pour mettre fin au sexisme et à la lesbophobie institutionnalisés. Madame Rossignol, nous refusons que l’ouverture de ce droit soit agité comme une carotte devant nous pour acheter nos votes en vue de 2017 !

En 2016, nos communautés sont toujours très touchées par le VIH. Le climat LGBT-phobe influe sur l’estime que nous avons de nous-mêmes, notre rapport à la santé et nous éloigne des systèmes de soin et de prévention. On le sait, les pays qui durcissent les lois envers nos communautés voient l’épidémie de VIH augmenter. Il est temps de dire STOP, de prendre soin des nôtres et de réclamer nos droits.

A l’aube de 2017, il est encore temps de tenir ces promesses et de faire une politique de gauche dans tous les domaines.

Le 17 mai 2016, journée internationale de lutte contre la lesbophobie, l’homophobie, la biphobie et la transphobie, nous souhaitons dénoncer et combattre touTEs ensemble ce système cis-hétéropatriarcal, LGBT-phobe, refusant aux personnes LGBTQI toute considération en tant que citoyenNEs. Nous réclamons une juste et totale égalité des droits pour touTEs : PMA, filiation, droits des personnes trans !

L’égalité, ça ne se discute pas, ça s’impose !

* Publié dans « Le Monde » en mars 2016

Appel à l’initiative de AIDES Paris 12 et Fières, ouvert à signatures. Si votre organisation souhaite signer, envoyez un message à Fières et/ou AIDES Paris 12.

Signataires de l’appel : Act Up-ParisAIDESAsso ActheArc En Ciel ToulouseCentre LGBT de NantesEac L’assoEquinoxe Centre LGBT Lorraine-SudFéminiCitésFièresHomoSFèReAssociation Le Refuge

Le LesboTruck revient : lesbiennes visibles, lesbiennes invincibles

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Le LesboTruck c’est quoi ? Le seul char lesbien de la Marche des Fiertés LGBT 2016 de Paris. Oui, le SEUL. L’année dernière, apprenant que nous allions peut-être vivre une Marche des Fiertés LGBT de Paris sans char pour les lesbiennes, nous avons décidé de relever le défi : monter un char et un collectif en deux mois.

Parce qu’être visibles nous rend plus fortes, parce que nous devons occuper tous les espaces, nous n’avons pas voulu laisser cette place vide. Le LesboTruck est donc un char d’assaut (et d’assos !) pour affirmer la visibilité lesbienne lors de la Marche des Fiertés, mais aussi un tremplin pour réclamer la PMA pour toutes les femmes et la réforme de la filiation, pour lutter contre la lesbophobie, pour visibiliser les questions de santé spécifiques aux FSF, pour mettre en avant la culture lesbienne.

Porté par trois associations féministes et/ou festives (Cineffable, FièrEs et Fuk the Name) ainsi que des individuEs, le projet du LesboTruck est soutenu par des partenaires lesbiens et lesbian-friendly. Cagnotte : https://www.lepotcommun.fr/pot/ha4kimf8

Fédérer les lesbiennes et les associations autour de ce projet commun et du slogan « Dykes are united » (« Gouines unies »), tel est l’objectif du LesboTruck qui va cette année encore réunir l’argent et les forces nécessaires pour faire rouler, lors de la Marche des Fiertés de Paris, un char lesbien derrière lequel toutes les lesbiennes seront invitées à se réunir !

Ensemble on fera bouger les choses, ensemble on va se rassembler, ensemble on sera visibles  une nouvelle fois lors de la Marche des Fiertés de Paris. Le LesboTruck c’est le char créé par et pour TOUTES les lesbiennes.Le collectif LesboTruck, c’est un char, mais pas seulement. C’est un message fort que les associations et les individuEs mobilisées ont voulu envoyer. Ce message, c’est que la visibilité est un enjeu politique en soi.

Tant que deux femmes n’oseront pas se tenir la main dans la rue, tant que 60% des lesbiennes déclareront avoir subi de la lesbophobie au cours des deux dernières années, tant que 74% d’entre elles n’oseront pas en parler à leur famille, et 82% n’oseront pas en parler à leurs collègues par peur du rejet, nous aurons férocement besoin de sortir du placard, d’être visibles, nous militantes, nous devrons monter des chars, des collectifs, des soirées, promouvoir nos cultures lesbiennes, prendre l’espace, parler de nous et de nos vies, de nos enjeux. Nous devrons témoigner et dire à quel point le système hétéropatriarcal nous écrase, nous devrons marcher pour obtenir le droit à disposer librement de nos corps pour nous-mêmes. Car la Marche des Fiertés n’est pas seulement un défilé festif, c’est pour nombre d’entre nous, un événement de visibilité salvatrice : nous nous souvenons toutes de notre première Marche, celle où nous avons constaté que nous n’étions pas seules. Le LesboTruck roulera donc pour toutes les jeunes lesbiennes et les jeunes biEs, et aussi pour les lesbiennes demandeuses d’asile, qui ont besoin de voir qu’elles ne sont pas seules, que les lesbiennes et les biEs existent, qu’elles s’aiment, qu’elles aiment, qu’elles dansent et qu’elles revendiquent. Et surtout : qu’elles n’ont pas honte d’être qui elles sont.

LesboTruck c’est avant tout un projet pour lutter contre le silence dont on entoure les lesbiennes dans la sphère publique et médiatique. Ce silence fait croire aux adolescentes qu’elles ne sont pas « comme il faut », ce silence leur fait croire qu’elles doivent changer, et cela peut parfois avoir des conséquences funestes. Pour ces jeunes, les lesbiennes doivent prendre l’espace et se montrer fières de leurs identités.

Parler de visibilité, c’est aussi parler de visibilité de nos revendications politiques ; nous arrivons bientôt en 2017 et la PMA n’est toujours pas ouverte aux femmes célibataires et aux couples de femmes en France. Le droit des femmes à disposer de leur corps n’a toujours pas avancé. Lors de cette dernière Marche avant les élections présidentielles, nous faisons le compte des promesses non tenues, nous faisons le compte des reculs, nous faisons le compte de la droitisation du gouvernement qui impose des mesures liberticides, contre lesquelles les militantes que nous sommes ne peuvent que s’élever.

Non, « lesbienne » n’est pas un gros mot. C’est ce que nous sommes. D’autres qui nous suivent  et participent au projet sont biEs, certaines sont aussi trans’, intersexes, ou les deux, d’autres non binaires ou gender-fucker, butch ou fem, pansexuelles ou asexuelles, et qu’ielles se reconnaissent ou non dans une identité lesbienne ou gouine, touTEs celles et ceux qui nous soutiennent sont invitéEs à se joindre au LesboTruck pour faire de cette marche NOTRE marche.

DYKES ARE UNITED ! Rejoignez-nous et soutenez-nous !


Soirée de lancement le 8 avril 2016 à La Mutinerie
19h30 – 178 rue Saint-Martin, Paris 3e (DJs sets, performances, tombola de soutien…)

Cineffable est une association dont l’objet est de soutenir et de promouvoir la culture lesbienne et féministe en mettant en avant les œuvres cinématographiques, artistiques et
littéraires de femmes. Cineffable organise chaque année le «Festival international du film lesbien et féministe de Paris», un espace réservé à toute personne s’identifiant en tant que femme, dont la 28e édition se tiendra du 28 octobre au 1er novembre 2016 à l’Espace Reuilly (Paris 12). L’association organise par ailleurs tout au long de l’année des activités et projections de films ouvertes à toutes et à tous.
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contact@cineffable.fr

FièrEs est une association féministe radicale et révolutionnaire non-mixte. Notre féminisme est intrinsèquement lié à nos identités lesbiennes, bies et/ou trans’. L’association a été créée en 2013 et son objectif principal est de contribuer à détruire le cishétéropatriarcat dans toutes ses dimensions. FièrEs analyse les luttes LGBT dans une perspective féministe et lutte contre toutes les LGBT-phobies.  Nous sommes laïques et indépendantEs de tout parti politique. FièrEs se positionne contre toutes les oppressions.
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contact.fieres@gmail.com

Fuk The Name est un collectif féministe créé en 2012, pour des femmes, et tous ceux qui contribuent à les sublimer. FUKTN organise des soirées et  des événements mixtes, en privilégiant la musique, la danse et toutes autres formes artistiques. Son leitmotiv : fuk the name- fuk the gender – fuk the colors … don’t explain you never change. Son but : donner de la voix à une minorité, qui reste trop souvent silencieuse.
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collectiffukthename@gmail.com

Abracadabra, que disparaissent vos droits !

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A l’occasion de l’anniversaire du mariage pour tou.te.s, FièrEs vous offre un spectacle de magie !
En ce 23 avril 2015, deux ans après le vote de la loi dite « Mariage pour tous » à l’Assemblée nationale, FièrEs rend hommage à cet extraordinaire tour de PaSse-PaSse que nous offre le gouvernement.

Abracadabra

Littéralement fascinéEs par le talent avec lequel les illusionnistes Valls et Hollande ont réussi à faire disparaître nos droits, nous montons à notre tour sur scène pour vous révéler les « trucs » de ces magiciens hors pair.

Vous vous êtes toujours demandé comment avaient-ils pu couper filiation et mariage en deux ? Comment la PMA avait-elle disparu de leurs chapeaux ? Comment la carte « droits des trans’  » s’était retrouvée tout en bas du paquet?
L’heure de la révélation a sonné ! Ne vous laissez plus envoûter… la prestidigitation du gouvernement n’aura plus de secret pour vous !

Inscrivez-vous sur l’événement Facebook ici

Rendez-vous le 23 avril à 19h30
Place Baudoyer (devant la mairie du 4e arrondissement, Paris), métro Hôtel de Ville

[8 mars] Les droits des femmes en chiffres : la moitié de l’humanité toujours opprimée

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8 mars : Journée Internationale de Lutte pour les Droits des Femmes

La lutte pour les droits des femmes est toujours d’actualité. En ce 8 mars, FièrEs se mobilise et rappelle que le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes se mène au quotidien. Le 8 mars n’est qu’une journée pour braquer le projecteur sur l’importance des luttes féministes. Profitons de cette occasion pour rappeler tout d’abord quelques chiffres :

– En moyenne, chaque année, 201 000 femmes en France se déclarent victimes de violences conjugales [1].

– Entre 2010 et 2012, 83 000 femmes par an en France ont été victimes de viols ou tentatives de viols [2].

– 22 % des Européennes ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire [3].

– Entre 40 % et 70 % des femmes assassinées sont tuées par leur conjoint en Australie, au Canada, en Israël, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis [4].

– 603 millions de femmes vivent dans des pays où la violence domestique n’est pas un crime [5].

– À l’échelle mondiale, plus de 700 millions de femmes actuellement en vie se sont mariées alors qu’elles étaient encore enfants [6].

– Plus de 130 millions de filles dans le monde ont subi une mutilation ou une ablation génitale [7].

– Jusqu’à 5 000 femmes sont victimes de « crimes d’honneur » chaque année [8] dans le monde.

– 70 % des femmes handicapées en France seraient victimes de violences [9].

Si vous êtes chef-fe d’entreprise, au lieu d’offrir des fleurs à vos collaboratrices, rappelez-vous plutôt toute l’année que :

– 18 % seulement des entreprises dans le monde sont dirigées par une femme [10].

– Aux États-Unis, les travailleuses hispaniques gagnent en moyenne 90 % du salaire des hommes, mais seulement 60 % du salaire des « hommes blancs » [11].

– Dans 15 pays, les femmes doivent demander à leur mari la permission de travailler.

– Dans 79 pays, la loi restreint le type d’emploi qu’une femme peut occuper [12].

– En France, à travail égal, les femmes gagnent toujours en moyenne 27 % de moins que les hommes [13].

– 1 femme sur a été victime de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle et 5 % seulement des cas ont été portés devant la justice [14].

Enseignes, marques, publicitaires : au lieu de prévoir des campagnes publicitaires sexistes et stéréotypées, prenez acte du fait que :

– 84 % des femmes françaises interrogées pensent que les marques sont responsables des stéréotypes de genre [15].

– 74 % des français.e.s réprouvent les publicités sexistes [16].

– 79 % de répondant.e.s pensent que “les entreprises devraient s’attacher à ne pas véhiculer des stéréotypes sexistes à travers leurs campagnes”, et 44 % jugent même que “les entreprises devraient être sanctionnées” [17].

Femmes et hommes politiques, médias, choisissez vos mots et, le 8 mars, montrez votre engagement. Ne parlez plus complaisamment de « Journée de LA femme » mais rappelez qu’il s’agit d’une journée de lutte, en France comme ailleurs, à mener sur tous les fronts :

– 17 % seulement des ministres de gouvernements dans le monde et 22 % des parlementaires nationaux sont des femmes [18].

– En France, 25 % des député.e.s sont des femmes [19].

– Les femmes ne se voient délivrer aucun permis de conduire en Arabie Saoudite.

– 15 millions de filles dans le monde ne seront jamais scolarisées [20].

– Les relations entre femmes sont illégales dans 50 pays.

– En France, 3 lesbiennes sur 5 ont été victimes de lesbophobie dans les 2 dernières années [21].

– En France, les femmes n’ont pas accès à la PMA si elles ne justifient pas d’une relation suivie avec un homme.

– Le droit à l’avortement est limité dans plus de 2/3 des pays [22].

Alors, vous pensez toujours que les luttes féministes n’ont plus lieu d’être ?

 

[1] Insee-ONDRP, enquêtes « Cadre de vie et sécurité », 2010-2012 in La lettre de l’Observatoire des violences faites aux femmes.

[2] Ibidem

[3] Parlement européen, « Violence à l’égard des femmes : la vérité qui dérange », 7 mars 2014.

[4] ONU, « Mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles : quelques faits et chiffres ».

[5] Ibidem.

[6] « Ending Child Marriage: Progress and Prospects », Unicef, 2013.

[7] ONU, « Mettre fin à la violence à l’égard des femmes : des paroles aux actes », Etude du Secrétaire général – 2006.

[8] Etude du Fonds des Nations Unies pour la population.

[9] Estimation de l’association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir.

[10] La Banque mondiale, Enterprise Surveys on gender (Enquêtes sur le genre en entreprise).

[11] Bureau des statistiques du travail, Département du travail des États-Unis, 2012.

[12] Women, business & the law, The world bank et IFC, 2014.

[13] Insee, 2010.

[14] Enquête IFOP pour le Défenseur des droits, mars 2014.

[15] Etude « Femmes et stéréotypes de genre », pour le site aufeminin.com, 2013.

[16] Etude Mediaprism, 2013.

[17] Ibidem.

[18] ONU Femmes.

[19] Observatoire des inégalités, 2014.

[20] Contre 10 millions de garçons. Chiffres Unicef.

[21] SOS-homophobie, 2014.

[22] « World Abortion Policies », Division de la population, Nations Unies.

IVG, PMA : notre corps nous appartient

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La loi sur l’IVG célèbre ses 40 ans. Pourtant, ce droit reste toujours menacé par les anti-avortements. Nous devons continuer le combat pour que les femmes puissent disposer librement de leurs corps, comme le rappelle l’abandon de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes par le gouvernement.

• 17 janvier 1975 / 17 janvier 2015 : 40 ans d’IVG en France

Ce samedi 17 janvier 2015, la France fête les 40 ans de la promulgation de la loi sur le droit à l’avortement, dite « loi Veil ». C’est aussi l’occasion de célébrer les six mois de la suppression de la notion de « détresse » dans la loi*, au grand dam d’une soixantaine de sénateurs UMP et autres anti-avortements.

Mais nous n’avons pas que des avancées à fêter, loin s’en faut. Le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est encore un droit « à part ». De l’aveu-même du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, l’IVG reste « non consacré[e] expressément par les textes juridiques comme l’expression d’un droit ».

Nous parlerons dans ce texte de « femmes » comme nous préférons utiliser le féminin au lieu du masculin neutre. Mais nous l’affirmons, même si cela est encore considéré comme le tabou ultime : l’IVG, tout comme la PMA, concernent également les hommes trans (du moins ceux qui n’ont pas subi d’opération de stérilisation). La libre disposition de son corps concerne d’ailleurs l’ensemble des personnes trans, comme les intersexes.

Une multitude d’obstacles se dresse devant une femme souhaitant avorter, dont on aurait pu penser qu’ils disparaîtraient au cours de ces 40 ans. Las, 130 centres de santé pratiquant l’IVG ont fermé ces 10 dernières années ; la filière manque cruellement de moyens et de valorisation ; l’accès à une information neutre est rendu difficile par la présence de lobbys anti-choix très agressifs et organisés sur Internet ; les listes d’attente sont décourageantes et aboutissent dans certains cas à l’impossibilité d’avorter dans les délais ; ceux-ci ne sont pas uniformisés en Europe ; la gratuité n’est pas toujours garantie… Pire peut-être : les témoignages montrent encore que les femmes subissent, en plus de ce parcours de la combattante, tout le poids de la culpabilisation et de la remise en cause incessante de ce choix éminemment personnel, par le corps médical comme par l’entourage. Le programme présenté par Marisol Touraine et Pascale Boistard le 16 janvier 2015 vise à améliorer ces conditions d’accès. Espérons qu’il pourra être mis en oeuvre et suivi d’effets.

• Education et contraception

Le cas de l’Espagne en 2014 nous rappelle à quel point ce droit, même en France, est fragile et loin d’être acquis. Il nous rappelle que les lobbys anti-choix sont assez puissants pour se faire écouter et gagner du terrain. Et que nous devons rester vigilantes pour le préserver.
Malheureusement, bon nombre de jeunes étant né.e.s avec ce droit, apparemment acquis et inaliénable, ne ressentent pas le besoin de se mobiliser. Pourtant, une femme sur trois aura recours à l’IVG dans sa vie. Les conditions d’accès et les listes d’attente, aujourd’hui, ne garantissent plus à chaque femme de pouvoir se faire avorter en France si elle en a besoin.

L’éducation à la sexualité, devenue transversale, et dont trois séances annuelles sont obligatoires aux collège et lycée, est inapplicable. En effet, quel.le professeur.e se désignera pour réduire ses heures de cours au profit de cette éducation ? Et sur la base de quelle formation ? Qui garantit que cet enseignement sera neutre, et que chaque question posée trouvera une réponse adéquate ? Encourageons les établissements à faire appel à des associations spécialisées, en dehors de toute polémique, sans se laisser dicter leurs programmes par des lobbys anti-choix. Les jeunes accèderaient alors à une information complète, intégrant la pilule du lendemain, la responsabilité des deux partenaires, en espérant que l’IVG soit alors traitée, dans l’éventail des solutions, comme une réponse possible, et non comme l’échec des femmes.

Encore aujourd’hui, la contraception repose majoritairement sur celles-ci :

• le préservatif externe (couramment appelé « masculin ») est encouragé pour se prémunir des IST et MST, mais trop souvent, la femme est appelée à la vigilance, amenée à le réclamer… ce dont pourrait la soulager le préservatif interne (dit « féminin »), mais celui-ci ne bénéficie encore d’une publicité que trop rare ;

• dans le cadre d’un couple hétérosexuel qui se serait acquitté de tous les tests médicaux et qui choisit d’abandonner le préservatif, force est de constater que la contraception retombe sur les seules épaules de… la femme ;

• la recherche sur la contraception masculine est au point mort. Les firmes pharmaceutiques se refusent toujours à investir dans les essais cliniques pour développer à grande échelle une pilule « masculine » contraceptive, pourtant déjà existante. Or, en France, la pilule « féminine » reste le moyen de contraception le plus prescrit : il concerne la moitié des femmes. Ce dogme du tout-pilule pose problème à divers titres et a encore du mal à s’effriter. Les médecins continuent à la prescrire en masse, par habitude, bien souvent sans prendre en considération le mode de vie des patientes, la réaction aux hormones ou la sexualité (trois IVG sur quatre concernent une femme sous contraceptif)… Ces femmes peuvent alors avoir besoin de recourir à l’IVG, ce pour quoi le corps médical les stigmatise et les culpabilise bien souvent (sauf une poignée d’irréductibles militant.e.s convaincu.e.s dont il faut saluer l’engagement)… Le cercle vicieux se poursuit.

• Dédramatiser l’avortement

L’avortement est, dans les médias comme en politique, présenté comme un échec, un pis- aller, un choix douloureux, un dernier recours et il n’est accepté que présenté comme tel. Dans les années 1973-1975, c’est l’argument de la santé publique qui a permis de gagner la bataille de l’IVG : il fallait sauver les femmes de conditions sanitaires déplorables, les préserver des complications, officialiser une situation clandestine contre laquelle il était quasi-impossible de lutter par la répression.
Même si les féministes ont défendu dans la rue l’idée de libre disposition de leurs corps par les femmes, ce n’est pas l’argument que les députés ont retenu. Simone Veil a gagné en affirmant devant une Assemblée presque exclusivement masculine que « l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue », que « c’est toujours un drame, cela restera toujours un drame ». La loi veut « contrôler » l’avortement, et en même temps, « en dissuader la femme ». De tout cela vient l’expression consacrée : « IVG de confort » et son contre-argument : « il n’y a pas d’IVG de confort, l’IVG n’est jamais un acte anodin pour une femme »… En tant que féministes, refusons ces affirmations, prenons nos distances avec ces lieux communs.

La « libre disposition de son corps »… cette expression scandée par toutes les féministes, jusqu’à épuisement, jusqu’à ne plus être ni comprise ni entendue, n’a jamais permis de gagner des droits, dans notre société reposant sur la domination masculine. Cet argument repose pourtant sur l’idée simple que le corps d’un individu lui appartient, que la personne concernée est la seule apte à décider pour elle-même ; qu’elle veuille ou non garder ou porter un enfant ou subir une opération. Nous pensons ici aux personnes trans bien trop souvent contraintes de subir une opération de stérilisation pour accéder au changement d’état civil…!

• IVG, PMA : même combat !

Malgré certain.e.s qui utilisent encore l’argument sanitaire et victimaire pour défendre l’IVG, nous l’affirmons, même si cela en fait tiquer plus d’un.e : IVG et PMA (procréation médicalement assistée) relèvent du même droit à disposer de son corps. Quelle que soit la situation familiale, économique, sociale, qu’elle soit dans une situation de « détresse » ou non, une femme (ou un homme trans) doit pouvoir décider pour elle-même, sans culpabilisation, sans avoir à se justifier, de ce qu’il adviendra de son utérus.
Nous ne nous résoudrons pas à gagner la bataille de la PMA en usant exclusivement d’arguments larmoyants sur les femmes qui vont en Belgique et subissent de graves infections en raison du manque de suivi. C’est une réalité, c’est une catastrophe, c’est une situation qu’il faut stopper, mais ce ne doit pas être l’argument principal utilisé par nous, les féministes.
Le rôle des féministes est de rappeler que la domination masculine se fonde sur le contrôle de la capacité de procréation des femmes, dont la PMA pour toutes est une remise en cause totale. Réaffirmons notre engagement pour l’accouchement sous X, droit sur lequel beaucoup, même à gauche, voudraient revenir. Ramenons la question de la libre disposition de soi au centre du débat ; refusons que les femmes aient quelque explication que ce soit à donner dans leur choix d’avoir ou non un enfant ; finissons-en avec la culpabilisation et le misérabilisme. Changeons de perspective, et surtout : ne faisons aucune concession face aux conservateurs qui n’acceptent le droit à l’IVG que si les femmes en souffrent, et qui n’accepteraient l’ouverture de la PMA à toutes les femmes qu’à condition qu’on leur prouve que celles-ci se meurent dans le Thalys.

* Pour rappel, la formulation « femme qui ne veut pas poursuivre une grossesse » a remplacé le 31 juillet dernier « que son état place dans une situation de détresse ».

Pétition PMA pour toutes : prolongement du manifeste des 343 « fraudeuses »

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Il n’est pas trop tard pour soutenir le manifeste des 343 « fraudeuses » qui a fait la Une du journal Libération du 6 juin 2014. Vous pouvez signer la pétition officielle lancée par All Out avec l’accord des deux initiatrices du manifeste :

https://www.allout.org/fr/actions/pma-maintenant

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FièrEs soutient le Manifeste des 343 « fraudeuses »

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FièrEs soutient le Manifeste des 343 « fraudeuses », initié par un couple de femmes ayant eu recours à une PMA à l’étranger. Nous appelons toutes celles qui sont concernées et tou-te-s celles et ceux qui soutiennent ce combat à faire de même.

POUR SIGNER CE MANIFESTE OU APPORTER VOTRE SOUTIEN, ENVOYEZ UN MAIL À : manifestedes343fraudeuses@gmail.com 

Agir en 2 clics :

1/ Vous pouvez signer ce manifeste en indiquant vos nom et prénom et en précisant : « Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir eu recours à une PMA à l’étranger ou à une insémination artisanale afin de fonder une famille » (concerne toutes les femmes ou conjointes de femmes inséminées).

OU vous pouvez soutenir ce manifeste en indiquant vos nom et prénom et en précisant : « Je déclare apporter mon soutien au MANIFESTE DES 343 « fraudeuses » » (concerne tou-te-s les femmes/hommes non-signataires, les associations…).

2/ Puis vous envoyez votre signature ou votre soutien à l’adresse : manifestedes343fraudeuses@gmail.com  

Ce faisant, vous acceptez que vos nom et prénom soient publiés dans le journal Libération, sur Internet et tout autre support médiatique en tant que signataire ou soutien de ce manifeste.

LE MANIFESTE DES 343 « FRAUDEUSES » :

Chaque année, des milliers de femmes ont recours à une PMA à l’étranger dans le but de fonder une famille.

D’autres le font dans des conditions dangereuses pour leur santé en raison de l’exclusion à laquelle elles sont condamnées alors que la France autorise la PMA pour les couples hétérosexuels.

Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir eu recours à une insémination avec donneur afin de fonder une famille.

Nous réclamons l’ouverture de la PMA à toutes les femmes.

Nous réclamons que la loi ouvrant l’adoption aux couples de même sexe soit appliquée partout en France, sans discrimination.

Nous réclamons l’égalité entre couples homosexuels et hétérosexuels pour l’établissement de la filiation de leurs enfants.

Nous réclamons que tous les enfants de France puissent bénéficier des mêmes droits et que cessent immédiatement les discriminations dont sont victimes les enfants élevés dans des familles homoparentales.

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Action FièrEs « Thalys, partenaire officiel de votre PMA » du 3 janvier 2014.