loi Famille

Partage des responsabilités parentales : oui. Mise en danger des femmes et des enfants : non !

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FièrEs appelle à la mobilisation, ce lundi 19 mai à 18h30, devant l’Assemblée nationale, pour réclamer le retrait de la proposition de loi « relative à l’autorité parentale et à l’intérêt de l’enfant », discutée en première lecture le jour-même à l’Assemblée nationale.

10346001_588554364575362_7007572915713979446_nPrésentée comme le premier volet de ce qui devait être initialement la loi « Famille » portée par le gouvernement, non seulement ce texte ne répond pas à l’urgence d’une réforme de notre système de filiation, mais les mesures présentées sont directement issues de revendications masculinistes, pourtant dénoncées par l’ensemble des associations de défense des droits des femmes. En effet, les dispositions relatives à l’extension de l’autorité parentale ou encore la double domiciliation systématique suite à une séparation des parents sont susceptibles de mettre en danger les enfants et les femmes victimes de violences, en donnant à leur agresseur et ex-compagnon, de nouveaux moyens pour renforcer leur emprise et maintenir les femmes dans des situations d’insécurité.

Faut-il rappeler que, chaque année, 200 000 femmes en moyenne se déclarent victimes de violences conjugales, et que plus de 85% de cas de violence ne font pas l’objet d’une plainte ? Si FièrEs se bat évidemment pour un plus grand partage des responsabilités parentales, celui-ci ne doit pas se faire au détriment de la lutte contre les violences faites aux femmes.

Ce texte, s’il était voté la semaine prochaine, serait par ailleurs, en contradiction totale avec les dernières avancées  pour la protection des femmes victimes de violence, à l’heure où la France vient de ratifier la convention d’Istanbul « sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique ».

Par ailleurs, comment présenter un texte sur « l’intérêt de l’enfant » sans proposer les mesures que nous attendons pour protéger tous les enfants, toutes les familles ? Les récents jugements du TGI de Versailles qui ont refusé des adoptions intra-familiales à la suite d’une PMA effectuée en Belgique – montrant ainsi toutes les limites de la loi dite « Mariage pour tous » – auraient pourtant dû faire réagir les parlementaires.

Nous appelons le gouvernement, et en particulier la Ministre des droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Najat Vallaud-Belkacem, à réagir, dans les plus brefs délais, et demandons le retrait immédiat de cette proposition de loi.

Événement facebook : https://www.facebook.com/events/591597724272174/

Enterrement du courage politique : les discours

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Le lundi 5 mai 2014, FièrEs a enterré symboliquement le courage politique du gouvernement. Retrouvez dans cet article tous les discours

Chant :

*Ave PMA*
Deux ans qu’on croit en toi
Le gouvernement a eu raison de toi
Il a pas bougé le petit doigt, François
Courage politique tu nous manqueras
tu nous manqueras

Discours de Père Armand

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Mes très chères filles,
Mes très chers fils,
Mes très chers enfants –
nous sommes réuniEs ici ce soir pour pleurer la perte du regretté courage politique du gouvernement. Malgré une rémission temporaire lors du vote pour le « mariage pour tous », le courage politique a succombé à sa longue agonie… Les récentes déclarations de Laurence Rossignol et Marisol Touraine ont empiré son état. Finalement, Manuel Valls lui a asséné le coup de grâce, depuis le Vatican.
Nous regrettons amèrement cette nouvelle, et présentons nos sincères condoléances à tout son électorat.
Au nom des mères, des filles, et des promesses tenues
Amen !

Discours de la cheffe de chœur : chronologie des reculs sur la PMA

cheffe– Le 10 septembre 2012 : Christiane Taubira annonce dans La Croix le retrait de la PMA du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe.
– Début janvier 2013, le gouvernement convainc les parlementaires de la majorité de ne pas déposer d’amendements sur la PMA ; en contrepartie, Ayrault s’engage publiquement à ce que la PMA figure dans le projet de loi famille.
– Le 28 mars 2013, François Hollande se décharge de la question de la PMA sur le comité consultatif national d’éthique.
– Le 26 avril 2013, J-M Ayrault souhaite, je cite, « tourner la page du mariage gay », fin de citation.
– Eté 2013, le CCNE repousse sa décision : Dominique Bertinotti assure alors que, je cite, « la PMA n’est pas enterrée », fin de citation.
– Septembre 2013, Marisol Touraine s’interroge dans La Croix «la loi famille est-elle le meilleur endroit pour parler de la PMA ? » (ton ironique).
– Le 3 janvier 2014, Dominique Bertinotti confirme qu’il n’y aura pas de PMA dans la loi sur la famille.
– Le 3 février 2014, au lendemain d’une manifestation de la Manif Pour Tous, Matignon annonce que le gouvernement ne présentera pas de projet de loi sur la famille ; Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur, annonce que le gouvernement s’opposerait aux amendements qui viseraient à introduire la PMA.
– Le 27 avril Marisol Touraine affirme que la PMA « n’est pas à l’ordre du jour » pour les couples de femmes.
– Le 28 avril 2014, Manuel Valls annonce depuis le Vatican qu’il n’y aura pas de PMA jusqu’en 2017.

Discours de la mariée endeuillée

Enterrement de la PMA-Fières

Tu resteras dans nos mémoires à toutes et tous. Alors, puisque ce souvenir est notre lien commun aujourd’hui, pourquoi ne pas se souvenir ensemble ?
Je t’ai rencontré en 2012, à l’aube de ta vie. Tu incarnais alors tous mes espoirs. Je pensais que tu vivrais assez longtemps pour me donner les mêmes droits que les autres ; je pensais que tu vivrais assez longtemps pour protéger ma famille ; je pensais que tu vivrais assez longtemps pour tenir tes promesses.
Dans ta folle jeunesse, tu étais audacieux, aventureux, expansif : tu m’as promis monts et merveilles. Avec le temps, tu es devenu de plus en plus discret, me laissant comprendre que tu étais rongé par la maladie. D’un naturel optimiste, je me suis acharnée à croire en une éventuelle guérison.
Malheureusement, après avoir été maintes et maintes fois repoussée, l’annonce de ta mort est finalement tombée.
Tu es parti trop tôt, et me voilà désormais démunie, mes espoirs envolés, et mon cœur brisé.

Discours du « bébé Thalys »

Enterrement de la PMA-Fières

 

 

 

 

 

 
Moi bébé, je pensais que toutes les personnes naissaient libres et égales en droits
Moi bébé, je pensais qu’une maman ne valait pas moins qu’un papa
Moi bébé, je ne pensais pas être une fraude à la loi
Moi bébé, je ne pensais pas que l’arbitraire était roi
Moi bébé, je croyais que ma maman n’aurait pas besoin de m’adopter – mais finalement comme on vit à Versailles, même ça elle ne le pourra pas
Toi vivant, tu m’aurais montré que je n’étais pas un hors-la-loi
Depuis ton départ, j’ai perdu l’appétit
Depuis ton départ, je ne mange même plus de Flanby.

Discours de FièrEs

fieres

Nous ne sommes pas résignéEs, nous sommes en colère. Les lesbiennes sont en colère, les bi sont en colère, les familles homoparentales sont en colère, les trans sont en colère.
La semaine dernière, Manuel Valls a annoncé depuis le Vatican que la Procréation Médicalement Assistée pour toutes les femmes ne serait pas d’actualité pendant le quinquennat de François Hollande. Cette annonce est le point culminant d’une longue série de reculs et de renoncements. Quel est le but de cette annonce exactement ? Quel est l’effet escompté ? Que les réactionnaires face à qui ils ont cédés votent pour eux en 2017 ? La seule chose qu’ils réussiront à faire en ne tenant pas leurs promesses, en ayant une politique bien loin de celle prônée pendant leur campagne de 2012, est de faire fuir leur électorat. Comment peuvent-ils nous faire l’affront de nous parler d’apaisement ?! Comment pourrait-on être apaiséEs ?
Comment être apaiséEs lorsque l’on voit l’urgence pour les familles qui existent : le TGI de Versailles, à cause de ce vide juridique, vient de refuser 3 adoptions à des mères dites « sociales », pour cause de « fraude » : or la PMA n’est pas illégale en France, ni faire une PMA à l’étranger. Nos enfants existent ; et comme tous les autres, ils ont besoin de la protection de leurs parents.
Comment être apaiséEs lorsque l’on voit le parcours imposé aux personnes trans qui souhaitent changer d’état civil, un parcours absolument indigne de la patrie des droits humains : avec des stérilisations forcées, une vulnérabilité face à l’arbitraire des juges, des démarches interminables, une dangereuse précarité, etc.
Le gouvernement a cédé à une minorité par opportunisme politique et par lâcheté. Ils ont sacrifié leurs valeurs, leurs promesses, mais surtout nos vies et nos familles. En cédant face à la « Manif pour tous » et autres réactionnaires, ils ont donné une légitimité à leurs propos homophobes, lesbophobes, biphobes, transphobes, sexistes et racistes.
Nous ne nous tairons pas face à ces injustices. Nous ne nous résignons pas. Alors aujourd’hui, crions-leur haut et fort : nous ne lâcherons rien !! Nous ne cesserons pas de nous battre pour défendre nos familles, nos droits, la libre disposition de nos corps.
Nous en appelons à leur raison. Nous appelons ce gouvernement à se ressaisir et à mener la politique pour laquelle il a été élu. Nous appelons également tous les parlementaires à faire davantage preuve de courage que ce gouvernement en déposant des propositions de lois et des amendements pour enfin réaliser les réformes que nous attendons depuis de si nombreuses années. Parmi ces réformes, citons l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, une réforme de la filiation permettant une réelle protection des familles homoparentales, une loi permettant un changement d’état civil totalement déjudiciarisé et démédicalisé pour les personnes trans’.
Car si le courage politique de ce gouvernement est mort, tant que nous ne nous résignerons pas, leurs promesses peuvent ressusciter !

 

[Tribune] Le CCNE : alibi du gouvernement pour enterrer la PMA

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Le CCNE : alibi du gouvernement pour enterrer la PMA

Dans une tribune publiée dans Libération, FièrEs dénonce le rôle que le gouvernement veut faire jouer au Comité consultatif national d’éthique dans l’ouverture de la PMA à toutes les femmes.

PMA en offrande à la « Manif pour tous » : le mauvais calcul du gouvernement

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PMA en offrande à la « Manif pour tous » :
le mauvais calcul du gouvernement

Lundi 3 février 2014 : réveil amer au lendemain de la « Manif pour tous ». Moins de 24 h après le défilé des réactionnaires en rose et bleu, le gouvernement a choisi son camp en enterrant la Procréation Médicalement Assistée (PMA) pour toutes.
Quel courage ! Quelle ténacité ! Le gouvernement préfère donc sacrifier l’intégralité de son projet de loi « Famille » plutôt que d’ouvrir la PMA à toutes les femmes. Ces reculs successifs masqueraient-ils le vrai visage sexiste et homophobe du gouvernement ?
Par ailleurs, en affirmant qu’il « s’opposerait à tout amendement ouvrant la PMA », le gouvernement trahit les lesbiennes, mais remet également en question la souveraineté du Parlement. Nous appelons donc les parlementaires, qui ont renoncé il y a un an à leur amendement sur la PMA, à avoir cette fois le courage de leurs opinions.
Il est temps de rappeler au gouvernement ses promesses. À quelques mois des municipales, faut-il voir dans cette main tendue aux conservatismes une simple stratégie électoraliste ? C’est dans ce cas un bien mauvais calcul ! Si le gouvernement pense trouver l’apaisement et les faveurs d’un électorat, il se trompe lourdement. Sur la PMA comme sur de nombreuses autres questions, il déçoit toutes ses électrices et tous ses électeurs, les lesbiennes et les autres, qui attendent de lui de la rectitude, du courage et le changement. L’apaisement ? Il ne l’aura pas non plus, car nous ne supportons plus d’être traitées comme des citoyennes de seconde zone.
Nous voulons êtres respecté-e-s, nous voulons être entendu-e-s, nous lesbiennes, bies, trans, nous défendrons nos familles jusqu’au bout : nous non plus, nous ne lâcherons rien !
Afin de montrer que nous ne renoncerons jamais à nos droits fondamentaux, nous appelons celles et ceux qui, contrairement au gouvernement, ne cèdent pas aux idées réactionnaires, à se rassembler largement dans les semaines à venir et à nous rejoindre lors d’une première réunion unitaire le 13 février à Paris (lieu à définir).