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Palmarès « Féminisme en Carton » : Grand Prix de l’Imposture pour Marine Le Pen

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À quelques jours du 8 mars, nous ouvrons notre palmarès du Féminisme en Carton en attribuant le Grand Prix de l’Imposture à Marine Le Pen, en reconnaissance officielle de sa lutte incessante contre les droits des femmes.

Marine Le Pen, nous vous félicitons pour vos performances d’illusionniste. Qui d’autre que vous pourrait mieux faire passer des vessies pour des lanternes ?

« Heureusement qu’il y a des candidates comme moi pour défendre le droit des femmes » [1] déclariez-vous il y a quelques semaines. Affirmer cela quand on est à la tête du parti qui depuis sa création s’érige contre toutes les revendications féministes, il fallait oser ! Brava!

Affirmer dans votre programme vouloir « mettre en place un plan national pour l’égalité salariale femme/homme » alors que votre parti a refusé de voter une proposition de loi en faveur de l’égalité professionnelle femmes/hommes [2], mais quelle audace !

Se targuer d’être la candidate des droits des femmes après que votre parti a refusé de voter la loi allongeant le délai de prescription des agressions sexuelles ainsi que la résolution réaffirmant l’IVG comme un droit fondamental [3], mais quelle hardiesse !

Se targuer d’être la candidate des droits des femmes après avoir vous-même dénoncé les « IVG de confort » [4], après avoir, au Parlement Européen, voté contre l’amendement allongeant le congé maternité et vous être prononcée contre le rapport sur la santé, les droits sexuels et génésiques et le rapport sur l’égalité femmes/hommes [5], mais quel culot !

Malgré vos tentatives audacieuses d’instrumentalisation des femmes et des discours féministes, nous sommes navrées de vous apprendre que vous et votre parti restez l’un de nos principaux ennemis politiques. Nous savons bien que sous couvert de défendre les femmes, un de vos objectifs est de dresser les groupes minorisés les uns contre les autres. Pour votre information, Madame Le Pen, le féminisme est indissociable de la destruction des autres oppressions. Nous ne resterons pas muettes devant vos tentatives grossières de récupérer l’électorat des femmes. Nous ne sommes pas vos pions, et jamais nous ne serons la caution de vos propos démagogiques, racistes et xénophobes. Vous n’êtes pas la solution du problème, vous êtes une part du problème.

Bien sûr, nous ne sommes pas dupes mais nous devons vous reconnaître un talent certain dans l’art de la rhétorique et de la manipulation. C’est pour cela que nous, féministes, avons l’insigne honneur de vous décerner le Grand Prix de l’Imposture pour tous les coups que vous avez assénés aux droits des femmes tout en vous réappropriant nos luttes et nos combats.

[1]http://www.europe1.fr/politique/marine-le-pen-rend-des-maires-laches-responsables-du-communautarisme-2974064

[2] http://www.ouest-france.fr/elections/regionales/pourquoi-les-femmes-votent-elles-davantage-pour-le-fn-3902605

[3] http://www.rtl.fr/girls/identites/marine-le-pen-le-fn-applique-t-il-ses-discours-sur-l-egalite-hommes-femmes-7787275502

[4] http://www.rtl.fr/actu/politique/ivg-marine-le-pen-n-a-pas-change-de-position-selon-marion-marechal-7786292123

[5] http://www.humanite.fr/qui-vote-quoi-au-parlement-europeen-527770

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25 novembre : le bal des faux-culs

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25 novembre : le bal des faux-culs
ou quand les réactionnaires de toujours
se découvrent féministes d’un jour 

25 novembre 2016, Journée Internationale contre les violences faites aux femmes, Marine Le Pen tweete :

“les violences faites aux femmes sont une insulte à notre civilisation, un fléau contre lequel je mènerai une action lucide et énergique”.

Ce même jour, la Manif pour tous tweete :

“la marchandisation de leur corps par des couples commanditaires est une violence faite aux femmes” et “NON à toutes ces violences faites aux femmes et NON à la GPA = exploitation des femmes”.

Mais de qui se moque-t-on ?? Plus que jamais, dénonçons l’instrumentalisation des femmes et des discours féministes par leurs ennemi-e-s politiques. NON bien sûr, ielles ne sont pas nos allié.e.s. Nous devons réaffirmer avec toujours plus de force qu’iels font le lit des violences subies par les femmes, qu’iels les dénoncent quand ça les arrange pour mieux les instrumentaliser contre une partie de la population. Iels participent au maintien du système patriarcal. Iels en sont même l’un des bras armés.

Sous couvert de défendre les femmes, iels tentent de dresser les groupes minorisés les uns contre les autres. Réaffirmons que notre féminisme est indissociable de la destruction des autres oppressions. Ce que nous voulons c’est la destruction du système cishétéropatriarcal, ce que nous voulons, c’est la destruction de toutes les oppressions.

Dans le même temps, partout dans le monde, les droits des femmes sont menacés et on assiste à une libération et une légitimation toujours plus médiatisées de la parole sexiste. Du tristement célèbre “grab them by the pussy” de Donald Trump, au projet de loi proposé par le parti du président turc Erdogan (prévoyant l’annulation des condamnations pour viols sur mineures si le violeur épouse sa victime), en passant par le coup d’Etat machiste au Brésil ou la remise en cause du droit à l’IVG en cas de viol en Pologne et au Brésil, la violence contre les femmes est un propos audible et un sujet de débat comme un autre. Les porte-paroles du cishétéropatriarcat se portent bien.

La France ne fait pas exception à ce phénomène : de l’analogie faite par François Fillon, expliquant que “la France n’est pas un pays à prendre comme une femme”, aux multiples propos sexistes et nauséabonds autour de “l’affaire Baupin”, en passant par la polémique autour du port du burkini à la plage… Aspirant à la fonction présidentielle, parlementaire ou briguant un ministère, les personnalités politiques s’en donnent à cœur joie, martelant que le corps des femmes ne leur appartient pas, que la parole de n’importe quel homme a plus de poids que leurs choix.

Double discours, même objectif : instrumentaliser les femmes à des fins qui n’ont aucun rapport avec la fin de leur oppression ! A l’aune des élections présidentielles, il nous faut refuser la récupération de la classe des femmes par ces discours politiques.

Affirmons à ceux qui veulent nous instrumentaliser que nous ne sommes pas leurs pions, et que jamais nous ne serons la caution de leurs propos démagogiques, racistes et xénophobes.

Affirmons à ceux qui veulent nous instrumentaliser que nous ne sommes pas leurs faire-valoirs, et qu’il ne suffit pas de nous tendre une carotte pour que l’on marche sagement derrière sans remettre en question leurs politiques.

Affirmons à ceux qui veulent nous maintenir sous leur domination et nous retirer les quelques droits durement obtenus que nous nous battrons pour mettre fin à leur système.

Partout dans le monde, des femmes se lèvent pour lutter contre toutes les formes de violences dont elles sont victimes. La fin de ces violences ne passera pas par le bal des faux-culs mais par les féministes. Ne les laissons pas faire croire le contraire.