IVG

[8 mars] Les droits des femmes en chiffres : la moitié de l’humanité toujours opprimée

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8 mars : Journée Internationale de Lutte pour les Droits des Femmes

La lutte pour les droits des femmes est toujours d’actualité. En ce 8 mars, FièrEs se mobilise et rappelle que le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes se mène au quotidien. Le 8 mars n’est qu’une journée pour braquer le projecteur sur l’importance des luttes féministes. Profitons de cette occasion pour rappeler tout d’abord quelques chiffres :

– En moyenne, chaque année, 201 000 femmes en France se déclarent victimes de violences conjugales [1].

– Entre 2010 et 2012, 83 000 femmes par an en France ont été victimes de viols ou tentatives de viols [2].

– 22 % des Européennes ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire [3].

– Entre 40 % et 70 % des femmes assassinées sont tuées par leur conjoint en Australie, au Canada, en Israël, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis [4].

– 603 millions de femmes vivent dans des pays où la violence domestique n’est pas un crime [5].

– À l’échelle mondiale, plus de 700 millions de femmes actuellement en vie se sont mariées alors qu’elles étaient encore enfants [6].

– Plus de 130 millions de filles dans le monde ont subi une mutilation ou une ablation génitale [7].

– Jusqu’à 5 000 femmes sont victimes de « crimes d’honneur » chaque année [8] dans le monde.

– 70 % des femmes handicapées en France seraient victimes de violences [9].

Si vous êtes chef-fe d’entreprise, au lieu d’offrir des fleurs à vos collaboratrices, rappelez-vous plutôt toute l’année que :

– 18 % seulement des entreprises dans le monde sont dirigées par une femme [10].

– Aux États-Unis, les travailleuses hispaniques gagnent en moyenne 90 % du salaire des hommes, mais seulement 60 % du salaire des « hommes blancs » [11].

– Dans 15 pays, les femmes doivent demander à leur mari la permission de travailler.

– Dans 79 pays, la loi restreint le type d’emploi qu’une femme peut occuper [12].

– En France, à travail égal, les femmes gagnent toujours en moyenne 27 % de moins que les hommes [13].

– 1 femme sur a été victime de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle et 5 % seulement des cas ont été portés devant la justice [14].

Enseignes, marques, publicitaires : au lieu de prévoir des campagnes publicitaires sexistes et stéréotypées, prenez acte du fait que :

– 84 % des femmes françaises interrogées pensent que les marques sont responsables des stéréotypes de genre [15].

– 74 % des français.e.s réprouvent les publicités sexistes [16].

– 79 % de répondant.e.s pensent que “les entreprises devraient s’attacher à ne pas véhiculer des stéréotypes sexistes à travers leurs campagnes”, et 44 % jugent même que “les entreprises devraient être sanctionnées” [17].

Femmes et hommes politiques, médias, choisissez vos mots et, le 8 mars, montrez votre engagement. Ne parlez plus complaisamment de « Journée de LA femme » mais rappelez qu’il s’agit d’une journée de lutte, en France comme ailleurs, à mener sur tous les fronts :

– 17 % seulement des ministres de gouvernements dans le monde et 22 % des parlementaires nationaux sont des femmes [18].

– En France, 25 % des député.e.s sont des femmes [19].

– Les femmes ne se voient délivrer aucun permis de conduire en Arabie Saoudite.

– 15 millions de filles dans le monde ne seront jamais scolarisées [20].

– Les relations entre femmes sont illégales dans 50 pays.

– En France, 3 lesbiennes sur 5 ont été victimes de lesbophobie dans les 2 dernières années [21].

– En France, les femmes n’ont pas accès à la PMA si elles ne justifient pas d’une relation suivie avec un homme.

– Le droit à l’avortement est limité dans plus de 2/3 des pays [22].

Alors, vous pensez toujours que les luttes féministes n’ont plus lieu d’être ?

 

[1] Insee-ONDRP, enquêtes « Cadre de vie et sécurité », 2010-2012 in La lettre de l’Observatoire des violences faites aux femmes.

[2] Ibidem

[3] Parlement européen, « Violence à l’égard des femmes : la vérité qui dérange », 7 mars 2014.

[4] ONU, « Mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles : quelques faits et chiffres ».

[5] Ibidem.

[6] « Ending Child Marriage: Progress and Prospects », Unicef, 2013.

[7] ONU, « Mettre fin à la violence à l’égard des femmes : des paroles aux actes », Etude du Secrétaire général – 2006.

[8] Etude du Fonds des Nations Unies pour la population.

[9] Estimation de l’association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir.

[10] La Banque mondiale, Enterprise Surveys on gender (Enquêtes sur le genre en entreprise).

[11] Bureau des statistiques du travail, Département du travail des États-Unis, 2012.

[12] Women, business & the law, The world bank et IFC, 2014.

[13] Insee, 2010.

[14] Enquête IFOP pour le Défenseur des droits, mars 2014.

[15] Etude « Femmes et stéréotypes de genre », pour le site aufeminin.com, 2013.

[16] Etude Mediaprism, 2013.

[17] Ibidem.

[18] ONU Femmes.

[19] Observatoire des inégalités, 2014.

[20] Contre 10 millions de garçons. Chiffres Unicef.

[21] SOS-homophobie, 2014.

[22] « World Abortion Policies », Division de la population, Nations Unies.

IVG, PMA : notre corps nous appartient

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La loi sur l’IVG célèbre ses 40 ans. Pourtant, ce droit reste toujours menacé par les anti-avortements. Nous devons continuer le combat pour que les femmes puissent disposer librement de leurs corps, comme le rappelle l’abandon de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes par le gouvernement.

• 17 janvier 1975 / 17 janvier 2015 : 40 ans d’IVG en France

Ce samedi 17 janvier 2015, la France fête les 40 ans de la promulgation de la loi sur le droit à l’avortement, dite « loi Veil ». C’est aussi l’occasion de célébrer les six mois de la suppression de la notion de « détresse » dans la loi*, au grand dam d’une soixantaine de sénateurs UMP et autres anti-avortements.

Mais nous n’avons pas que des avancées à fêter, loin s’en faut. Le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est encore un droit « à part ». De l’aveu-même du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, l’IVG reste « non consacré[e] expressément par les textes juridiques comme l’expression d’un droit ».

Nous parlerons dans ce texte de « femmes » comme nous préférons utiliser le féminin au lieu du masculin neutre. Mais nous l’affirmons, même si cela est encore considéré comme le tabou ultime : l’IVG, tout comme la PMA, concernent également les hommes trans (du moins ceux qui n’ont pas subi d’opération de stérilisation). La libre disposition de son corps concerne d’ailleurs l’ensemble des personnes trans, comme les intersexes.

Une multitude d’obstacles se dresse devant une femme souhaitant avorter, dont on aurait pu penser qu’ils disparaîtraient au cours de ces 40 ans. Las, 130 centres de santé pratiquant l’IVG ont fermé ces 10 dernières années ; la filière manque cruellement de moyens et de valorisation ; l’accès à une information neutre est rendu difficile par la présence de lobbys anti-choix très agressifs et organisés sur Internet ; les listes d’attente sont décourageantes et aboutissent dans certains cas à l’impossibilité d’avorter dans les délais ; ceux-ci ne sont pas uniformisés en Europe ; la gratuité n’est pas toujours garantie… Pire peut-être : les témoignages montrent encore que les femmes subissent, en plus de ce parcours de la combattante, tout le poids de la culpabilisation et de la remise en cause incessante de ce choix éminemment personnel, par le corps médical comme par l’entourage. Le programme présenté par Marisol Touraine et Pascale Boistard le 16 janvier 2015 vise à améliorer ces conditions d’accès. Espérons qu’il pourra être mis en oeuvre et suivi d’effets.

• Education et contraception

Le cas de l’Espagne en 2014 nous rappelle à quel point ce droit, même en France, est fragile et loin d’être acquis. Il nous rappelle que les lobbys anti-choix sont assez puissants pour se faire écouter et gagner du terrain. Et que nous devons rester vigilantes pour le préserver.
Malheureusement, bon nombre de jeunes étant né.e.s avec ce droit, apparemment acquis et inaliénable, ne ressentent pas le besoin de se mobiliser. Pourtant, une femme sur trois aura recours à l’IVG dans sa vie. Les conditions d’accès et les listes d’attente, aujourd’hui, ne garantissent plus à chaque femme de pouvoir se faire avorter en France si elle en a besoin.

L’éducation à la sexualité, devenue transversale, et dont trois séances annuelles sont obligatoires aux collège et lycée, est inapplicable. En effet, quel.le professeur.e se désignera pour réduire ses heures de cours au profit de cette éducation ? Et sur la base de quelle formation ? Qui garantit que cet enseignement sera neutre, et que chaque question posée trouvera une réponse adéquate ? Encourageons les établissements à faire appel à des associations spécialisées, en dehors de toute polémique, sans se laisser dicter leurs programmes par des lobbys anti-choix. Les jeunes accèderaient alors à une information complète, intégrant la pilule du lendemain, la responsabilité des deux partenaires, en espérant que l’IVG soit alors traitée, dans l’éventail des solutions, comme une réponse possible, et non comme l’échec des femmes.

Encore aujourd’hui, la contraception repose majoritairement sur celles-ci :

• le préservatif externe (couramment appelé « masculin ») est encouragé pour se prémunir des IST et MST, mais trop souvent, la femme est appelée à la vigilance, amenée à le réclamer… ce dont pourrait la soulager le préservatif interne (dit « féminin »), mais celui-ci ne bénéficie encore d’une publicité que trop rare ;

• dans le cadre d’un couple hétérosexuel qui se serait acquitté de tous les tests médicaux et qui choisit d’abandonner le préservatif, force est de constater que la contraception retombe sur les seules épaules de… la femme ;

• la recherche sur la contraception masculine est au point mort. Les firmes pharmaceutiques se refusent toujours à investir dans les essais cliniques pour développer à grande échelle une pilule « masculine » contraceptive, pourtant déjà existante. Or, en France, la pilule « féminine » reste le moyen de contraception le plus prescrit : il concerne la moitié des femmes. Ce dogme du tout-pilule pose problème à divers titres et a encore du mal à s’effriter. Les médecins continuent à la prescrire en masse, par habitude, bien souvent sans prendre en considération le mode de vie des patientes, la réaction aux hormones ou la sexualité (trois IVG sur quatre concernent une femme sous contraceptif)… Ces femmes peuvent alors avoir besoin de recourir à l’IVG, ce pour quoi le corps médical les stigmatise et les culpabilise bien souvent (sauf une poignée d’irréductibles militant.e.s convaincu.e.s dont il faut saluer l’engagement)… Le cercle vicieux se poursuit.

• Dédramatiser l’avortement

L’avortement est, dans les médias comme en politique, présenté comme un échec, un pis- aller, un choix douloureux, un dernier recours et il n’est accepté que présenté comme tel. Dans les années 1973-1975, c’est l’argument de la santé publique qui a permis de gagner la bataille de l’IVG : il fallait sauver les femmes de conditions sanitaires déplorables, les préserver des complications, officialiser une situation clandestine contre laquelle il était quasi-impossible de lutter par la répression.
Même si les féministes ont défendu dans la rue l’idée de libre disposition de leurs corps par les femmes, ce n’est pas l’argument que les députés ont retenu. Simone Veil a gagné en affirmant devant une Assemblée presque exclusivement masculine que « l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue », que « c’est toujours un drame, cela restera toujours un drame ». La loi veut « contrôler » l’avortement, et en même temps, « en dissuader la femme ». De tout cela vient l’expression consacrée : « IVG de confort » et son contre-argument : « il n’y a pas d’IVG de confort, l’IVG n’est jamais un acte anodin pour une femme »… En tant que féministes, refusons ces affirmations, prenons nos distances avec ces lieux communs.

La « libre disposition de son corps »… cette expression scandée par toutes les féministes, jusqu’à épuisement, jusqu’à ne plus être ni comprise ni entendue, n’a jamais permis de gagner des droits, dans notre société reposant sur la domination masculine. Cet argument repose pourtant sur l’idée simple que le corps d’un individu lui appartient, que la personne concernée est la seule apte à décider pour elle-même ; qu’elle veuille ou non garder ou porter un enfant ou subir une opération. Nous pensons ici aux personnes trans bien trop souvent contraintes de subir une opération de stérilisation pour accéder au changement d’état civil…!

• IVG, PMA : même combat !

Malgré certain.e.s qui utilisent encore l’argument sanitaire et victimaire pour défendre l’IVG, nous l’affirmons, même si cela en fait tiquer plus d’un.e : IVG et PMA (procréation médicalement assistée) relèvent du même droit à disposer de son corps. Quelle que soit la situation familiale, économique, sociale, qu’elle soit dans une situation de « détresse » ou non, une femme (ou un homme trans) doit pouvoir décider pour elle-même, sans culpabilisation, sans avoir à se justifier, de ce qu’il adviendra de son utérus.
Nous ne nous résoudrons pas à gagner la bataille de la PMA en usant exclusivement d’arguments larmoyants sur les femmes qui vont en Belgique et subissent de graves infections en raison du manque de suivi. C’est une réalité, c’est une catastrophe, c’est une situation qu’il faut stopper, mais ce ne doit pas être l’argument principal utilisé par nous, les féministes.
Le rôle des féministes est de rappeler que la domination masculine se fonde sur le contrôle de la capacité de procréation des femmes, dont la PMA pour toutes est une remise en cause totale. Réaffirmons notre engagement pour l’accouchement sous X, droit sur lequel beaucoup, même à gauche, voudraient revenir. Ramenons la question de la libre disposition de soi au centre du débat ; refusons que les femmes aient quelque explication que ce soit à donner dans leur choix d’avoir ou non un enfant ; finissons-en avec la culpabilisation et le misérabilisme. Changeons de perspective, et surtout : ne faisons aucune concession face aux conservateurs qui n’acceptent le droit à l’IVG que si les femmes en souffrent, et qui n’accepteraient l’ouverture de la PMA à toutes les femmes qu’à condition qu’on leur prouve que celles-ci se meurent dans le Thalys.

* Pour rappel, la formulation « femme qui ne veut pas poursuivre une grossesse » a remplacé le 31 juillet dernier « que son état place dans une situation de détresse ».

Journée internationale pour les droits des femmes : deux manifestations, un seul combat – l’égalité

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FièrEs appelle à manifester dans l’un ou l’autre cortège prévu le samedi 8 mars à Paris et partout ailleurs en France et dans le monde à l’occasion de la Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes.

Chaque année, des milliers de femmes et d’hommes marchent ensemble le 8 mars pour lutter pour les droits des femmes. Droits acquis ou non, mais toujours constamment remis en cause : droit à disposer de son corps avec l’accès à l’IVG libre et gratuit et à la Procréation Médicalement Assistée, droit à avoir un poste avec un salaire égal pour un travail égal, droit d’occuper l’espace public sans être harcelées, battues, violées, droit à vivre librement son genre et sa sexualité, etc. Le 8 mars rappelle chaque année que l’égalité réelle est encore loin et l’importance des combats féministes.

FièrEs condamne fermement les attaques directes contre les avancées féministes qui ont ponctuées l’année 2013 et ce début 2014 : assauts contre la déconstruction des stéréotypes de genre permettant de lutter contre les inégalités femmes/hommes, rues et sorties d’écoles prises par les réactionnaires à grand renfort médiatique, masculinistes écoutés et cités par le gouvernement, contestation du droit des femmes à disposer de leurs corps. Les espagnoles vont devoir passer la frontière pour avorter… et les lesbiennes et les célibataires vivant en France vont devoir continuer de la passer pour effectuer une PMA. Quant aux LGBT-phobies, elles ont désormais le statut d’opinion politique à part entière.

Autant de raisons de se rassembler, autant de raisons de marcher. Il est donc regrettable que ce 8 mars 2014 marque le clivage entre deux mouvements féministes antagonistes qui organisent deux cortèges distincts à Paris, l’un au départ de Bastille, l’autre au départ de Belleville. Parce que la Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes devrait mettre en avant ce qui nous rassemble (et les sujets ne manquent pas) plutôt que ce qui nous divise et que le féminisme a besoin de moments d’unité pour se faire entendre, FièrEs a décidé de ne pas se positionner pour l’un ou pour l’autre et marchera dans les deux cortèges.

FièrEs d’être féministes, fièrEs de nos luttes, nous pensons que les sujets clivants ne devraient pas nous empêcher de construire un mouvement féministe fort et cohérent. Nous espérons pour l’avenir que les organismes féministes sauront travailler ensemble à l’organisation d’un 8 mars rassemblé et rassembleur, en mettant de côté les débats et controverses qui traversent le mouvement, provoquant certes des divisions mais témoignant également d’un dynamisme et d’un souffle militant que nous souhaitons voir perdurer.

Le 8 mars est une journée symboliquement trop forte pour que les désaccords et divisions du mouvement féministe n’en éclipsent son importance. Faisons de ce 8 mars un rendez-vous solidaire annuel et incontournable de la lutte pour les droits des femmes : tant de luttes restent à mener !

Appel à manifestation pour le droit à l’IVG

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1er février : Lesbienne, bi, trans, hétéro : un enfant si je veux, quand je veux

Les féministes espagnoles organisent une manifestation à Madrid le 1er février pour défendre le droit à l’IVG : mobilisons-nous pour les soutenir ! FièrEs appelle à manifester le samedi 1er février à 14h aux côtés de l’ANCIC, du CADAC, du Collectif Tenon XXe, du Mouvement Planning Familial Confédéral ainsi que plus de soixante autres associations, collectifs et partis politiques.

Parcours : Paris – Place Joffre (École Militaire) jusqu’à l’Ambassade d’Espagne

En décembre dernier, FièrEs avait produit un texte d’appel au rassemblement devant l’Ambassade d’Espagne :

Le gouvernement espagnol a bafoué un droit fondamental pour les femmes en donnant son accord pour un projet de loi visant à restreindre drastiquement l’accès à l’avortement. Désormais, si le parlement valide cette loi, les femmes espagnoles n’auront plus le choix de mettre un terme à une grossesse qu’elles ne désirent pas. FièrEs dénonce vigoureusement un tel positionnement du gouvernement espagnol qui marque une sévère régression en matière de droits des femmes.

L’actualité nous rappelle que les droits des citoyennes européennes sont constamment remis en question ou purement entravés par la montée des conservatismes politiques et religieux. Partout et toujours, les femmes continuent à être considérées comme des êtres inférieurs à qui l’on dénie la capacité à exercer leur volonté propre et leur liberté.

L’Union Européenne qui se targue d’exemplarité en matière des droits de l’Homme, dénigre et met en danger la moitié de sa population en refusant d’obliger les états à ouvrir pleinement les droits sexuels et reproductifs qui reviennent aux femmes. Aujourd’hui, les lesbiennes françaises vont en Espagne pour avoir recours à la Procréation Médicalement Assistée (PMA), demain, les femmes hétérosexuelles espagnoles viendront en France pour pratiquer leur IVG (Interruption Volontaire de Grossesse). Ces femmes doivent surmonter de multiples difficultés et courent des risques sanitaires qui les mettent en danger. En franchissant les frontières, elles franchissent aussi des années d’histoire sombres qui virent les femmes souffrir et mourir clandestinement pour exercer leur droit à disposer de leur corps.

Nous nous insurgeons de ces offenses faites aux femmes. Nous appelons le Parlement espagnol à rejeter ce projet de loi rétrograde, et plus largement l’Union Européenne à adopter des mesures communes de défense des droits des femmes.

Venez manifester votre soutien au droit à l’IVG et à la libre disposition de nos corps : voir l’événement Facebook