inégalités

25/11 : Journée de lutte contre les violences faites aux femmes

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Violences matérielles et violences symboliques

 

  • Dans le monde, une femme sur trois est victime de violence physique ou sexuelle au cours de sa vie ;
  • Jusqu’à 70% de femmes sont victimes de violences dans certains pays*

… Ces chiffres sont accablants, n’est-ce pas ? Malheureusement, il est fort probable que ceux-ci minimisent également un grand nombre de réalités, compte tenu des violences subies et non signalées, ainsi que des formes multiples et souvent insidieuses que revêtent les violences patriarcales et le sexisme.

Dites « violences faites aux femmes », vous entendrez immédiatement violence matérielle, physique et psychologique, omniprésente à travers le monde sous la forme d’infanticides à la naissance, de mutilations génitales, de mariages forcés, de trafics d’êtres humains, de viols, d’agressions sexuelles, de violences conjugales, d’insultes, de harcèlement, de discriminations, et de tous autres types d’assauts.

Autant de manifestations matérielles d’une violence symbolique généralisée, institutionnelle, qui légitime une grande partie des rapports de pouvoir : celle sur laquelle repose l’édifice hétéropatriarcal. Parmi ses moyens de répression principaux, on compte le cissexisme et l’hétéronormativité, qui sont à l’origine des LGBTI-phobies et des autres discriminations visant à invisibiliser et à précariser les minorités sociales. Dans cette longue liste, l’on retrouve : les injonctions à la non-libre disposition de son corps – avec la culpabilisation de l’acte d’IVG, la restriction de la PMA et l’encadrement abusif du changement d’état civil pour les personnes trans -, les stéréotypes genrés qui tissent nos relations sociales dès l’enfance ou l’éternel plafond de verre dans le monde du travail pour les femmes…

En l’occurrence, constatant la traditionnelle procrastination gouvernementale en situation de crise humanitaire, on pense tout particulièrement au cas des femmes exilées, pour lesquelles il est urgent de mettre en place des plans d’action solidaire, et ce, à l’échelle nationale.

C’est parce que la lutte pour les droits des femmes est indissociable de la lutte pour les droits des autres minorités que FièrEs, association militante féministe portée par des lesbiennes, des bies, des trans, appelle à la mobilisation de touTEs, sous toutes les formes possibles. Car l’état d’urgence, ce n’est pas seulement celui dans lequel l’Etat veut nous enfermer. C’est aussi l’état dans lequel sont les femmes, partout et toujours, sans que l’on veuille les écouter ni les voir.

* Selon l’ONU Femmes, novembre 2015
http://www.unwomen.org/fr/digital-library/multimedia/2015/11/infographic-violence-against-women

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Modèle de lettre à envoyer aux fabricants & magasins de jouets et aux publicitaires

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A l’attention des fabricants de jouets, des magasins et des publicitaires

STOP aux jouets sexistes !

Depuis une dizaine d’années, nous voyons le marketing des jouets pour enfants devenir de plus en plus genré. Même des marques « neutres » il y a 20 ans, telles que Lego, croient désormais capter l’air du temps en développant des lignes pour garçons et pour filles, en s’habillant en bleu et rose. Or, à un âge où elles et ils se construisent, où les modèles ont une grande importance, les enfants sont les premier.e.s touché.e.s par ce sexisme.

Le sexisme, c’est penser que les jouets de repassage, de cuisine, de pouponnage sont naturellement faits pour les petites filles. Que les jeux violents, de construction, de bricolage, sont naturellement faits pour les petits garçons. Rappelons que jusqu’à présent la science n’a pas démontré l’existence d’un gène du ménage ou du foot !

Les jouets sont l’un des vecteurs de ces représentations sexistes. Ils habituent les enfants à trouver acceptables, et même légitimes, les inégalités entre femmes et hommes dont ils et elles seront témoins tout au long de leur vie.

Donnons les moyens à nos enfants de pouvoir un jour vivre dans une véritable société égalitaire où ce qui les définira ne sera pas leur sexe ou leur genre mais leur personnalité, leurs qualités, leurs défauts, leurs passions !

Il suffirait peut-être de retirer les piles, de démonter le mécanisme : montrons des cuisiniers et des mécaniciennes, des maîtres d’école et des super-héroïnes, des infirmiers et des joueuses de rugby. Acceptons que les poupées servent à jouer au papa comme à la maman.

Au nom de quoi avez-vous décrété que les filles détesteraient les voitures télécommandées ou que les garçons ne supporteraient pas de « jouer au marchand » ? C’est aux adultes et à la société de faire en sorte de ne pas leur fermer des horizons. C’est notre responsabilité. C’est votre responsabilité.

Oui, les modes de cour de récré sont au rose pour les filles, aux super-héros pour les garçons, et par mimétisme, les enfants respectent généralement le choix majoritaire en réclamant ces jouets à leurs parents. Avec vos publicités, vos emballages, vos catalogues, votre « ciblage marketing », vous êtes responsables de cet état de fait.

C’est un poids qui pèse sur les parents qui essaient d’élever leurs enfants dans une culture non-sexiste. C’est une violence extrême pour tous les enfants qui, en dépit de la pression du mimétisme et du marketing, souhaitent des jouets rangés dans le rayon du sexe opposé.

Comment les enfants se sentiraient libres de choisir les jouets qui leur plaisent dans des magasins séparant explicitement le rayon « pour les filles » et le rayon « pour les garçons » ?

En modelant leur publicité sur les stéréotypes associés aux genres, les publicitaires ont fini par figer ces stéréotypes et à les ancrer dans l’imaginaire collectif.

Nous ne laisserons pas le marketing, les magasins et fabricants de jouets décider pour nous de quel modèle de société nous voulons ! Vivre dans une société non-sexiste commence par donner la possibilité aux enfants de s’interroger sur leurs propre goûts et envies, de les laisser tâtonner et se découvrir, pas de leur imposer un modèle de ce qu’ils devraient être en tant que filles ou garçons et de les rabaisser si elles et ils sortent du moule.

Magasins, qu’avez-vous à perdre en organisant les jouets dans vos rayons et catalogues par types d’activités ? Fabricants et publicitaires, n’avez-vous donc aucun remords quand vous continuez à mettre des filles sur les emballages d’aspirateurs et de cuisinières, et des garçons sur les panoplies de médecins et de maçons ? Ne vous sentez-vous jamais coupables de faire le lit des inégalités femmes-hommes ?

Prenez vos responsabilités. Nous avons le devoir de permettre aux enfants d’être et de devenir ce qu’ils souhaitent. Nous avons le devoir de leur construire une société égalitaire.

Nous exigeons que vous changiez vos publicités, vos emballages, votre façon de penser le marketing, pour que les enfants ne demandent plus des jouets « pour les filles » ou « pour les garçons » mais des jouets qu’elles et ils aiment !

Téléchargez ici les adresses postales et emails des principaux magasins, fabricants de jouets, publicitaires… où vous pourrez envoyer la lettre :

Adresses et mails des marques et magasins

17 mai, IDAHOT : les LGBTphobies ne sont pas des opinions !

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Ce samedi 17 mai, pour la Journée Internationale contre l’homophobie et la transphobie (IDAHOT :
International Day Against Homophobia & Transphobia), FièrEs participe à deux événements à Paris :

– à partir de 14h le cortège de l’association marchera depuis la place du Châtelet jusqu’à la place Pigalle pour manifester avec le Collectif du 8 avril contre les violences sexistes, lesbophobes et transphobes ;

– tout l’après-midi FièrEs tiendra un stand sur la place Pigalle et participera aux divers happenings organisés par Aides et Acceptess-T pour lutter contre les LGBTphobies. 

L’ouverture du mariage aux couples de même sexe l’année dernière a été une avancée pour l’égalité des droits. Mais, depuis plus d’un an, nous, lesbiennes, bisexuel-le-s, gays et trans avons été la cible de la haine et de l’intolérance des réactionnaires et conservateurs, des homophobes, transphobes, sexistes de tous bords, de gauche comme de droite. Les actes LGBTphobes ont augmenté de 78% par rapport à l’année 2012. 59% des répondantes à la dernière enquête de SOS homophobie affirment avoir été victimes de lesbophobie dans les deux dernières années.

Les LGBTphobies ne sont pas apparues l’année dernière mais la liberté de parole donnée aux anti-égalité des droits a légitimé ces propos dans l’espace public et privé. Nous rappelons que l’homophobie, la biphobie, la lesbophobie et la transphobie ne sont pas des opinions mais bien des délits condamnés par la loi.

Le 17 mai n’est que l’occasion de le rappeler et d’attirer l’attention sur ces actes : violences, agressions, viols, mais aussi harcèlement, insultes, remarques déplacées de la part d’inconnu-e-s, discours politiques LGBTphobes…

En cette Journée Internationale contre l’homophobie et la transphobie, FièrEs n’oublie pas les lesbiennes, les trans, les bi et les gays du monde entier qui subissent de plein fouet des politiques répressives envers les LGBT, et celles et ceux, nombreux-ses, qui sont parmi nous, en attente d’un droit à l’asile politique.

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FièrEs salue l’ajout de la transphobie aux problématiques de cette journée mondiale mais ne peut que constater l’invisibilisation systématique de la lesbophobie et de la biphobie : nous demandons que ces mots soient ajoutés à la suite d’homophobie et de transphobie. La visibilité est le premier pas nécessaire à l’égalité et à la reconnaissance de nos combats.

Nous demandons également que cesse la légitimation par l’Etat des discriminations à l’encontre des personnes LGBT : il est temps que les trans’ bénéficient d’une loi, il est temps d’ouvrir la PMA à toutes les femmes, il est temps de simplifier les démarches et l’hébergement des LGBT demandeurs du droit d’asile, il est temps de réformer la filiation pour permettre aux parents dits « sociaux » de reconnaître leurs enfants ! Il est temps aussi de dénoncer les LGBTphobies des anti-égalité des droits et que l’Etat cesse de se laisser dicter sa politique par des réactionnaires minoritaires !

Enterrement du courage politique : les discours

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Le lundi 5 mai 2014, FièrEs a enterré symboliquement le courage politique du gouvernement. Retrouvez dans cet article tous les discours

Chant :

*Ave PMA*
Deux ans qu’on croit en toi
Le gouvernement a eu raison de toi
Il a pas bougé le petit doigt, François
Courage politique tu nous manqueras
tu nous manqueras

Discours de Père Armand

pretre

 

 

 

 

 
Mes très chères filles,
Mes très chers fils,
Mes très chers enfants –
nous sommes réuniEs ici ce soir pour pleurer la perte du regretté courage politique du gouvernement. Malgré une rémission temporaire lors du vote pour le « mariage pour tous », le courage politique a succombé à sa longue agonie… Les récentes déclarations de Laurence Rossignol et Marisol Touraine ont empiré son état. Finalement, Manuel Valls lui a asséné le coup de grâce, depuis le Vatican.
Nous regrettons amèrement cette nouvelle, et présentons nos sincères condoléances à tout son électorat.
Au nom des mères, des filles, et des promesses tenues
Amen !

Discours de la cheffe de chœur : chronologie des reculs sur la PMA

cheffe– Le 10 septembre 2012 : Christiane Taubira annonce dans La Croix le retrait de la PMA du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe.
– Début janvier 2013, le gouvernement convainc les parlementaires de la majorité de ne pas déposer d’amendements sur la PMA ; en contrepartie, Ayrault s’engage publiquement à ce que la PMA figure dans le projet de loi famille.
– Le 28 mars 2013, François Hollande se décharge de la question de la PMA sur le comité consultatif national d’éthique.
– Le 26 avril 2013, J-M Ayrault souhaite, je cite, « tourner la page du mariage gay », fin de citation.
– Eté 2013, le CCNE repousse sa décision : Dominique Bertinotti assure alors que, je cite, « la PMA n’est pas enterrée », fin de citation.
– Septembre 2013, Marisol Touraine s’interroge dans La Croix «la loi famille est-elle le meilleur endroit pour parler de la PMA ? » (ton ironique).
– Le 3 janvier 2014, Dominique Bertinotti confirme qu’il n’y aura pas de PMA dans la loi sur la famille.
– Le 3 février 2014, au lendemain d’une manifestation de la Manif Pour Tous, Matignon annonce que le gouvernement ne présentera pas de projet de loi sur la famille ; Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur, annonce que le gouvernement s’opposerait aux amendements qui viseraient à introduire la PMA.
– Le 27 avril Marisol Touraine affirme que la PMA « n’est pas à l’ordre du jour » pour les couples de femmes.
– Le 28 avril 2014, Manuel Valls annonce depuis le Vatican qu’il n’y aura pas de PMA jusqu’en 2017.

Discours de la mariée endeuillée

Enterrement de la PMA-Fières

Tu resteras dans nos mémoires à toutes et tous. Alors, puisque ce souvenir est notre lien commun aujourd’hui, pourquoi ne pas se souvenir ensemble ?
Je t’ai rencontré en 2012, à l’aube de ta vie. Tu incarnais alors tous mes espoirs. Je pensais que tu vivrais assez longtemps pour me donner les mêmes droits que les autres ; je pensais que tu vivrais assez longtemps pour protéger ma famille ; je pensais que tu vivrais assez longtemps pour tenir tes promesses.
Dans ta folle jeunesse, tu étais audacieux, aventureux, expansif : tu m’as promis monts et merveilles. Avec le temps, tu es devenu de plus en plus discret, me laissant comprendre que tu étais rongé par la maladie. D’un naturel optimiste, je me suis acharnée à croire en une éventuelle guérison.
Malheureusement, après avoir été maintes et maintes fois repoussée, l’annonce de ta mort est finalement tombée.
Tu es parti trop tôt, et me voilà désormais démunie, mes espoirs envolés, et mon cœur brisé.

Discours du « bébé Thalys »

Enterrement de la PMA-Fières

 

 

 

 

 

 
Moi bébé, je pensais que toutes les personnes naissaient libres et égales en droits
Moi bébé, je pensais qu’une maman ne valait pas moins qu’un papa
Moi bébé, je ne pensais pas être une fraude à la loi
Moi bébé, je ne pensais pas que l’arbitraire était roi
Moi bébé, je croyais que ma maman n’aurait pas besoin de m’adopter – mais finalement comme on vit à Versailles, même ça elle ne le pourra pas
Toi vivant, tu m’aurais montré que je n’étais pas un hors-la-loi
Depuis ton départ, j’ai perdu l’appétit
Depuis ton départ, je ne mange même plus de Flanby.

Discours de FièrEs

fieres

Nous ne sommes pas résignéEs, nous sommes en colère. Les lesbiennes sont en colère, les bi sont en colère, les familles homoparentales sont en colère, les trans sont en colère.
La semaine dernière, Manuel Valls a annoncé depuis le Vatican que la Procréation Médicalement Assistée pour toutes les femmes ne serait pas d’actualité pendant le quinquennat de François Hollande. Cette annonce est le point culminant d’une longue série de reculs et de renoncements. Quel est le but de cette annonce exactement ? Quel est l’effet escompté ? Que les réactionnaires face à qui ils ont cédés votent pour eux en 2017 ? La seule chose qu’ils réussiront à faire en ne tenant pas leurs promesses, en ayant une politique bien loin de celle prônée pendant leur campagne de 2012, est de faire fuir leur électorat. Comment peuvent-ils nous faire l’affront de nous parler d’apaisement ?! Comment pourrait-on être apaiséEs ?
Comment être apaiséEs lorsque l’on voit l’urgence pour les familles qui existent : le TGI de Versailles, à cause de ce vide juridique, vient de refuser 3 adoptions à des mères dites « sociales », pour cause de « fraude » : or la PMA n’est pas illégale en France, ni faire une PMA à l’étranger. Nos enfants existent ; et comme tous les autres, ils ont besoin de la protection de leurs parents.
Comment être apaiséEs lorsque l’on voit le parcours imposé aux personnes trans qui souhaitent changer d’état civil, un parcours absolument indigne de la patrie des droits humains : avec des stérilisations forcées, une vulnérabilité face à l’arbitraire des juges, des démarches interminables, une dangereuse précarité, etc.
Le gouvernement a cédé à une minorité par opportunisme politique et par lâcheté. Ils ont sacrifié leurs valeurs, leurs promesses, mais surtout nos vies et nos familles. En cédant face à la « Manif pour tous » et autres réactionnaires, ils ont donné une légitimité à leurs propos homophobes, lesbophobes, biphobes, transphobes, sexistes et racistes.
Nous ne nous tairons pas face à ces injustices. Nous ne nous résignons pas. Alors aujourd’hui, crions-leur haut et fort : nous ne lâcherons rien !! Nous ne cesserons pas de nous battre pour défendre nos familles, nos droits, la libre disposition de nos corps.
Nous en appelons à leur raison. Nous appelons ce gouvernement à se ressaisir et à mener la politique pour laquelle il a été élu. Nous appelons également tous les parlementaires à faire davantage preuve de courage que ce gouvernement en déposant des propositions de lois et des amendements pour enfin réaliser les réformes que nous attendons depuis de si nombreuses années. Parmi ces réformes, citons l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, une réforme de la filiation permettant une réelle protection des familles homoparentales, une loi permettant un changement d’état civil totalement déjudiciarisé et démédicalisé pour les personnes trans’.
Car si le courage politique de ce gouvernement est mort, tant que nous ne nous résignerons pas, leurs promesses peuvent ressusciter !

 

Egaux mais pas trop : premier anniversaire de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe

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Il y a un an, le 23 avril 2013, l’Assemblée nationale a voté l’adoption du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Cette loi a marqué un pas en avant important mais elle n’est qu’une étape sur le chemin des avancées des droits pour les lesbiennes, gays, bisexuel-le-s et trans (LGBT), en aucun cas la ligne d’arrivée.

L’année 2013 fut pour les militants de l’égalité une année intense, tant dans les succès que dans les difficultés : des manifestations de grande ampleur, des rassemblements fédérateurs, des actions mobilisatrices… mais aussi des insultes, des débats blessants – tant dans l’espace public qu’avec nos proches – des agressions, des slogans violents, nous attaquant nous, nos corps, nos couples, nos familles, nos vies.

En 2013, nous, lesbiennes, gays, bisexuel-le-s et trans avons été la cible de la haine et de l’intolérance des réactionnaires et conservateurs, des homophobes, transphobes et sexistes de tous bords, de gauche comme de droite.

Cette loi représente certes une avancée sociétale importante, mais elle est loin d’avoir révolutionné nos vies. Ce premier anniversaire a le goût amer des renoncements. La procréation médicalement assistée (PMA) n’est toujours pas ouverte à toutes les femmes ; la filiation n’est pas refondée et nos familles sont encore dans des situations juridiques absurdes et dangereuses ; la loi  » famille  » a été abandonnée ; les droits des trans n’ont toujours pas évolué ; la proposition de loi relative à l’autorité parentale et à l’intérêt de l’enfant, présentée ce 1er avril, fait la part belle aux revendications des masculinistes. Quand Manuel Valls et la secrétaire d’État chargée de la famille, Laurence Rossignol, prônent  » l’apaisement  » en direction de la  » Manif Pour Tous « , nous n’y voyons rien de moins qu’une dérobade de plus du gouvernement face à ceux que l’on peut tenir pour responsables du climat de haine qui a empoisonné notre société cette dernière année. Alors qu’est dit  » apaisement « , nous entendons plutôt « humiliation » : les lesbiennes, les gays, les bisexuel-le-s, les trans sont tenu-e-s de se contenter de la carotte qu’on leur a donnée l’année dernière et ne pas trop en demander.

Égaux, mais pas trop.

En 2014, nous continuons à nous battre pour rappeler que nous sommes loin de l’égalité tant prônée par le Président de la République lors de son élection. En 2014, FièrEs reste plus que jamais mobilisée.

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Journée internationale pour les droits des femmes : deux manifestations, un seul combat – l’égalité

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FièrEs appelle à manifester dans l’un ou l’autre cortège prévu le samedi 8 mars à Paris et partout ailleurs en France et dans le monde à l’occasion de la Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes.

Chaque année, des milliers de femmes et d’hommes marchent ensemble le 8 mars pour lutter pour les droits des femmes. Droits acquis ou non, mais toujours constamment remis en cause : droit à disposer de son corps avec l’accès à l’IVG libre et gratuit et à la Procréation Médicalement Assistée, droit à avoir un poste avec un salaire égal pour un travail égal, droit d’occuper l’espace public sans être harcelées, battues, violées, droit à vivre librement son genre et sa sexualité, etc. Le 8 mars rappelle chaque année que l’égalité réelle est encore loin et l’importance des combats féministes.

FièrEs condamne fermement les attaques directes contre les avancées féministes qui ont ponctuées l’année 2013 et ce début 2014 : assauts contre la déconstruction des stéréotypes de genre permettant de lutter contre les inégalités femmes/hommes, rues et sorties d’écoles prises par les réactionnaires à grand renfort médiatique, masculinistes écoutés et cités par le gouvernement, contestation du droit des femmes à disposer de leurs corps. Les espagnoles vont devoir passer la frontière pour avorter… et les lesbiennes et les célibataires vivant en France vont devoir continuer de la passer pour effectuer une PMA. Quant aux LGBT-phobies, elles ont désormais le statut d’opinion politique à part entière.

Autant de raisons de se rassembler, autant de raisons de marcher. Il est donc regrettable que ce 8 mars 2014 marque le clivage entre deux mouvements féministes antagonistes qui organisent deux cortèges distincts à Paris, l’un au départ de Bastille, l’autre au départ de Belleville. Parce que la Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes devrait mettre en avant ce qui nous rassemble (et les sujets ne manquent pas) plutôt que ce qui nous divise et que le féminisme a besoin de moments d’unité pour se faire entendre, FièrEs a décidé de ne pas se positionner pour l’un ou pour l’autre et marchera dans les deux cortèges.

FièrEs d’être féministes, fièrEs de nos luttes, nous pensons que les sujets clivants ne devraient pas nous empêcher de construire un mouvement féministe fort et cohérent. Nous espérons pour l’avenir que les organismes féministes sauront travailler ensemble à l’organisation d’un 8 mars rassemblé et rassembleur, en mettant de côté les débats et controverses qui traversent le mouvement, provoquant certes des divisions mais témoignant également d’un dynamisme et d’un souffle militant que nous souhaitons voir perdurer.

Le 8 mars est une journée symboliquement trop forte pour que les désaccords et divisions du mouvement féministe n’en éclipsent son importance. Faisons de ce 8 mars un rendez-vous solidaire annuel et incontournable de la lutte pour les droits des femmes : tant de luttes restent à mener !