Féminisme

« Elle » fait bander les critiques ; il est à gerber

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« Elle » de Paul Verhoeven, sorti à Cannes et sur nos écrans cette semaine, explose les scores du box-office, bénéficie d’un plan com’ bien rôdé et d’une déferlante de critiques dithyrambiques. Le secret du succès ? Surfer sur la vague malheureusement bien connue de la culture du viol.

Il est génial ce film, il permet aux journalistes pourfendeurs de la bien-pensance de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas : les femmes, au fond, elles aiment quand on les force. Ça les fait mouiller, ça les fait jouir, voire même, il n’y a que ça qui les excite : quand les hommes les frappent, les mettent à terre, les empêchent de se débattre, les insultent et jouissent en 3 secondes avant de repartir vaquer à leurs occupations. Ça, c’est le fantasme des femmes. Et heureusement que quelques cinéastes courageux et révolutionnaires osent le montrer. Y’en a marre de cette dictature du consentement et du plaisir féminin, franchement !

Breaking news : dans une société patriarcale où la plupart des discours sont produits et relayés par les hommes, même les femmes ont fini par croire qu’elles fantasmaient sur les violences dont elles sont victimes. Le patriarcat reste un système malin, sournois, et encore très performant en 2016, qui permet à la misogynie la plus crasse d’être intériorisée par les femmes. Mais malgré ce qu’ils essaient de nous faire croire, le viol est d’abord le fantasme de ces hommes qui écrivent et qui filment.

Alors « Elle », film « jouissif », « subversif », « jubilatoire » ? « Thriller érotique » (20minutes.fr) à propos d’une « violente agression » (joli euphémisme de L’Express) ? Plutôt une apologie du viol comme on en a rarement vue, en mode « voilà ce qu’attendent toutes les quinquas sexy dans leurs maisons bourgeoises ». Non seulement elle aime ça, mais elle en redemande, elle entre dans une relation presque affective (carrément !) avec son violeur qui est un chic type « à l’âme torturée » et dont l’épouse remerciera l’héroïne de lui avoir donné ce dont il avait besoin ! [Attention, on vous spoile et on s’en cogne]

La suite à lire ici !

8 mars 2016 : « Mais qu’est-ce qu’elles veulent encore ? »

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En cette Journée Internationale pour les droits des femmes, si nous vous disions déjà ce que nous ne voulons pas ?

Nous ne voulons pas nous réjouir d’avoir un Ministère des Droits des Femmes rattaché à la famille et à l’enfance.

Nous ne voulons pas que les femmes soient une fois de plus reléguées à un rôle procréatif, ce rôle dans lequel le patriarcat essaie de les cantonner, ce rôle qu’il utilise pour asseoir sa domination.

Nous ne voulons pas que le corps des femmes soit contrôlé par qui que ce soit d’autre qu’elles-mêmes.

Nous ne voulons pas d’une société qui creuse les inégalités.

Nous ne voulons pas d’une réforme du Code du travail qui touchera les plus précaires de plein fouet : 82 % des temps partiels concernent des femmes*.

Nous ne voulons pas d’une société s’appuyant sur le travail gratuit des femmes qui, en France, rappelons-le, font toujours 80 % des tâches domestiques.

Nous ne voulons pas d’un système qui dresse les femmes dès l’enfance à se conformer à un modèle normatif qui les opprime et les dévalorise.

Nous ne voulons pas d’une société qui hiérarchise les sexualités et érige l’hétérosexualité en norme obligatoire.

Nous ne voulons pas de vos politiques patriarcales, capitalistes et racistes qui déshumanisent les migrant.e.s et les femmes réfugiées et les vulnérabilisent face à toutes les violences.

Nous ne voulons pas taire le fait que dans tous les milieux sociaux, dans toutes les rues, par tous types d’hommes, des femmes se font harceler, violer et agresser sexuellement.

Nous ne voulons pas que nos luttes et nos argumentaires soient récupérés à des fins racistes et classistes.

Nous ne voulons pas et ne continuerons pas à accepter d’être silenciées, niées dans nos expressions, dans nos luttes, dans nos identités et nos sexualités.

C’est pourquoi cette liste est non-exhaustive, comme la liste des luttes qui restent à mener à toutes les féministes qui refusent d’accepter cette société inégalitaire et dominée par les hommes. Les combats se mènent au quotidien, dans les sphères publique et privée, dans toutes les sociétés, à toutes les échelles. Nous voulons ce qui nous est dû et nous le prendrons : nos droits, notre émancipation !

*La nouvelle « Loi travail » prévoit la disparition du nombre d’heures plancher pour les contrats à temps partiel

 

Retrouvons-nous pour deux manifestations à Paris :

  • Dimanche 6 mars, 14h, à Belleville
  • Mardi 8 mars, 18h, à la Fontaine des Innocents – place Joachim du Bellay

 

Ainsi que lors de nombreux autres événements féministes organisés autour du 8 mars :

Festival féministe Paris 2016
Programme d’événements organisés dans tout Paris

 

 

25/11 : Journée de lutte contre les violences faites aux femmes

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Violences matérielles et violences symboliques

 

  • Dans le monde, une femme sur trois est victime de violence physique ou sexuelle au cours de sa vie ;
  • Jusqu’à 70% de femmes sont victimes de violences dans certains pays*

… Ces chiffres sont accablants, n’est-ce pas ? Malheureusement, il est fort probable que ceux-ci minimisent également un grand nombre de réalités, compte tenu des violences subies et non signalées, ainsi que des formes multiples et souvent insidieuses que revêtent les violences patriarcales et le sexisme.

Dites « violences faites aux femmes », vous entendrez immédiatement violence matérielle, physique et psychologique, omniprésente à travers le monde sous la forme d’infanticides à la naissance, de mutilations génitales, de mariages forcés, de trafics d’êtres humains, de viols, d’agressions sexuelles, de violences conjugales, d’insultes, de harcèlement, de discriminations, et de tous autres types d’assauts.

Autant de manifestations matérielles d’une violence symbolique généralisée, institutionnelle, qui légitime une grande partie des rapports de pouvoir : celle sur laquelle repose l’édifice hétéropatriarcal. Parmi ses moyens de répression principaux, on compte le cissexisme et l’hétéronormativité, qui sont à l’origine des LGBTI-phobies et des autres discriminations visant à invisibiliser et à précariser les minorités sociales. Dans cette longue liste, l’on retrouve : les injonctions à la non-libre disposition de son corps – avec la culpabilisation de l’acte d’IVG, la restriction de la PMA et l’encadrement abusif du changement d’état civil pour les personnes trans -, les stéréotypes genrés qui tissent nos relations sociales dès l’enfance ou l’éternel plafond de verre dans le monde du travail pour les femmes…

En l’occurrence, constatant la traditionnelle procrastination gouvernementale en situation de crise humanitaire, on pense tout particulièrement au cas des femmes exilées, pour lesquelles il est urgent de mettre en place des plans d’action solidaire, et ce, à l’échelle nationale.

C’est parce que la lutte pour les droits des femmes est indissociable de la lutte pour les droits des autres minorités que FièrEs, association militante féministe portée par des lesbiennes, des bies, des trans, appelle à la mobilisation de touTEs, sous toutes les formes possibles. Car l’état d’urgence, ce n’est pas seulement celui dans lequel l’Etat veut nous enfermer. C’est aussi l’état dans lequel sont les femmes, partout et toujours, sans que l’on veuille les écouter ni les voir.

* Selon l’ONU Femmes, novembre 2015
http://www.unwomen.org/fr/digital-library/multimedia/2015/11/infographic-violence-against-women

Soirée santé, plaisirs & prévention

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Tu as une vulve, ou tu couches avec des genTEs qui ont une vulve (et tu n’es pas un homme cis !), ou les deux ? Bingo, cette soirée le 4 décembre 2015 est faite pour toi !

Pour voir l’événement Facebook c’est par ici

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Une soirée rien que pour toi, pour nous, pour parler de plaisirs, de bien-être, de prévention, de santé,
– pour poser toutes les questions que tu n’oses jamais poser,
– pour avoir à dispo toutes les brochures que tu ne trouves plus nulle part parce qu’elles sont épuisées ou carrément pas diffusées,
– pour rencontrer les assos et les militanTEs de diverses orgas qui travaillent tous les jours sur la question de la santé des publics délaissés par les grandes campagnes de prévention,
– pour te faire dépister grâce au dépistage VIH rapide organisé par AIDES, quelles que soient ta sexualité, tes pratiques ou ton identité,
– pour assister à des performances trop cool,
– pour accéder à du matériel « safe sex » rien que pour toi,
– et pour danser, bien sûr !

Au programme :
1/ De 17h30 à 19h30, « Des INFOS pour quand je PECHO » : viens poser tes questions sur les risques et les pratiques avec des militantEs et des pros, sur 4 tables thématiques : Sexplorer / Avant d’aller plus loin : rencontre, drague et pratiques à risque / Baiser(s) / BDSM

2/ Dépistage rapide (TROD) du VIH tout au long de la soirée dans la bibliothèque de La Mutinerie

3/ Performances sur scène :
– Louise De Ville (Betty Speaks about… Les sécrétions vaginales)
– performance safe sex par Ludmillya Evanochka

4/ Stands associatifs & brochures

… et d’autres surprises !

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En collaboration avec Coraline Delebarre (CRIPS) que nous remercions chaleureusement pour la formation des équipes et sa présence tout au long de la soirée

Soirée organisée par Fières et Aides Paris12
hébergée par La Mutinerie toujours aussi partante pour l’organisation de soirées militantes

 

 

Action participative Culotte Gate : « N’entachez pas nos culottes ! »

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Le lundi 2 novembre 2015, à l’initiative du collectif « Culotte Gate » soutenu par FièrEs, plus d’une centaine de culottes tachées de rouge ont été envoyées au Président de la République François Hollande, au Premier Ministre Manuel Valls, à la Ministre de la Santé Marisol Touraine, à la Secrétaire d’État chargée des droits des femmes Pascale Boistard, au Secrétaire d’État au Budget Christian Eckert, ainsi qu’à de très nombreu.x.ses député.e.s.

Ces culottes étaient accompagnées de la lettre ci-dessous. Nous invitons tou-te-s celles et ceux qui souhaitent protester contre la décision de l’Assemblée Nationale de maintenir la TVA à 20% sur les protections hygiéniques à envoyer à leur tour des culottes usagées tachées de peinture rouge à leur député.e.

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N’entachez pas nos culottes !

Pour que les protections hygiéniques soient reconnues comme produits de première nécessité, 

Faudrait-il que la moitié des travailleur.e.s ne viennent plus exercer leur activité professionnelle plusieurs jours par mois ?

Parce que dans une vie, les protections hygiéniques représentent un budget de 1500 euros,

Parce qu’aujourd’hui en France, une canette de soda est considérée comme un produit de première nécessité et un tampon comme un produit de luxe,

Parce que c’est un produit de première nécessité pour tout.e.s et encore plus pour les personnes vivant dans la rue, pour le maintien de la dignité la plus élémentaire, 

Parce que ce n’est à personne, et certainement pas à des hommes cis de nous expliquer comment vivre nos règles et fixer leur coût, 

Nous vous demandons de baisser la TVA sur les protections hygiéniques afin de permettre à toutes les personnes en France dotées d’un utérus de pouvoir vivre leurs menstruations sereinement et sans tabou.

Alors n’entachez pas nos culottes par une décision sexiste et insensée.

Les protections hygiéniques sont un besoin pour toutes les personnes ayant leurs règles.

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Micro-trottoir sur les transidentités

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Un micro-trottoir diffusé pour la première fois en public le 16 mai 2015 lors du village associatif place Edmond Michelet organisé par Aides-Paris12 à l’occasion de l’IDAHOT (Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie) :

Pourquoi FièrEs quitte-t-elle l’Inter-LGBT ?

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Fait début mai 2015, à Paris,
suite à un vote en réunion plénière des militantes de l’association FièrEs

Pourquoi FièrEs quitte-t-elle l’Inter-LGBT ?

FièrEs, association féministe lesbienne, bi, trans, a pris la décision de quitter l’Inter-LGBT au terme d’un processus de réflexion collectif et démocratique, au cours duquel chacune de ses militantEs a pu s’exprimer. Nous le faisons pour des motifs politiques, exprimés ci-après. Nous déplorons d’avoir été amenéEs à prendre cette décision, qui nous a toutefois parue nécessaire.

Nécessaire, car FièrEs veut préserver une absolue cohérence avec ses principes, ainsi qu’avancer et concentrer son énergie sur son propre développement. Nous ne souhaitons pas critiquer gratuitement le fonctionnement de l’Inter-LGBT, avec qui nous espérons continuer à coopérer, et encore moins diviser davantage nos « milieux » militants déjà fragilisés.

FièrEs a rejoint l’Inter-LGBT pour plusieurs raisons. D’abord pour nouer des liens avec d’autres associations LGBT, former avec elles des réseaux solides dans la lutte contre les LGBT-phobies et pour l’égalité des droits, participer avec elles à l’organisation des grands événements que sont la Marche des Fiertés de Paris et le Printemps des assoces. Nous avons ainsi toujours tenu à être un maximum présentes et actives dans les processus de décision et d’organisation. Nous avons rejoint l’Inter-LGBT également dans le but de lutter contre le sexisme au sein de la communauté LGBT et d’apporter une approche féministe des problématiques qui touchent les LGBT.

L’une des raisons de notre départ est l’affiche choisie pour la Marche des Fiertés 2015. Elle n’est ni l’unique raison de ce départ, ni la principale. Le choix de cette affiche n’a été que la confirmation de problèmes déjà constatés, et constitue donc la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Comme nous l’avons exprimé par deux fois lors des derniers votes, il nous est impossible, par honnêteté intellectuelle, et pour rester fidèles à nos principes, de nous montrer solidaires de l’affiche choisie pour la Marche des Fiertés et du mot d’ordre « Multiples et indivisibles » associé à celle-ci.

Cette affiche, qui fait référence à une symbolique républicaine clivante, qui est intégrationniste, exotisante et dont le mot d’ordre ne comporte aucun appel aux actes et aucune revendication, reste contraire à nos valeurs et la démarche qui l’entoure nous pose problème à divers titres.

Nous pensons que l’Inter-LGBT, qui ne laisse aucune place à une véritable analyse intersectionnelle dans son fonctionnement et ses campagnes et dont les statuts ne mentionnent pas la lutte contre le racisme, ne peut légitimement s’approprier la représentation de personnes racisées pour évoquer la « diversité », la « multiplicité ». La représentation d’une personne noire, associée à ces symboles républicains, légitime selon nous l’assimilationnisme ou l’intégration forcée que subissent les racisé.e.s, appelé-e-s à rejeter leur culture quand elle n’est pas française et à se fondre dans la République, ses valeurs et sa culture, qui continuent de les discriminer.

Nous pensons que conserver cette affiche, et choisir ce mot d’ordre, constitue non seulement une faute politique mais également une provocation, un choix délibéré de ne pas prendre en compte les critiques qui avaient été faites par d’autres organisations et individu-e-s. Malgré ces analyses, les membres physiques comme moraux de l’Inter-LGBT se sont évertué-e-s de façon quasi-consensuelle, lors des débats, à dépeindre la République comme exempte de racisme et comme modèle indépassable de tolérance.

Qu’on le veuille ou non, cette affiche ne saurait être représentative de la communauté LGBT dans son ensemble. En effet, celle-ci comprend des personnes ne se reconnaissant pas dans la République ou qui en sont de fait exclues. Leur imposer cette affiche lors d’une Marche qui est censée rassembler est problématique.

A plusieurs reprises déjà, et cela concourt évidemment à notre départ, des décisions de l’Inter-LGBT nous avaient heurtéEs.

FièrEs ne peut être solidaire d’une campagne sortie sans déclinaisons bi et trans, alors que nous avions à plusieurs reprises exprimé notre désaccord et que nous avions même proposé des idées, restées sans réponse. Nous considérons que ce choix reflète le traitement inégal qui est fait en terme de visibilité entre toutes nos composantes : même si des déclinaisons bi et trans sont prévues, comment l’Inter-LGBT peut-elle décider que celles-ci attendent six mois de plus que les autres et que nous devons nous en contenter ?

Par ailleurs, et comme nous l’avons formulé récemment dans une longue lettre adressée à l’ensemble de ses membres, les échanges par mail autour des slogans féministes du 8 mars et de leur « violence » nous ont profondément choquéEs et les accepter aurait été incompatible avec nos principes. Les listes de l’Inter-LGBT devraient être un espace de respect mutuel, un espace safe, où les expériences potentielles et les identités de chacun-e sont prises en compte. Ce n’est pour l’instant pas le cas et aucun processus de remise en question sur le sexisme interne, sur l’anti-féminisme, sur les pratiques sexistes ou sur les privilèges dont peuvent jouir les membres hommes cis blancs de l’Inter-LGBT n’est en route.

A titre d’exemple, nous rappelons le rejet de la question de l’auto-défense féministe et les discussions récurrentes sur les fonctionnements ou manifestations en non-mixité. Selon certains, cette non-mixité serait « sexiste envers les hommes »… cette expression prouve leur absence de réflexion concernant le privilège dont ils bénéficient en tant qu’hommes dans une société patriarcale.

Nous le répétons : se dire féministe, ce n’est pas seulement soutenir l’égalité de droits entre hommes et femmes. Le féminisme est un champ bien plus vaste et complexe. Le féminisme pense les rapports de domination, il déconstruit les rôles genrés, il est un terrain d’émancipation pour les femmes mais aussi l’occasion pour les hommes cis de questionner leurs propres pratiques et attitudes.

Il est dommage, pour l’Inter-LGBT elle-même, qu’aucun processus pédagogique ne soit sérieusement enclenché sur cette question. Nous pensons sincèrement que l’inter-associative aurait à y gagner.

En outre, la quasi-absence de réponse (nous n’en avons reçu que deux : l’une par mail, l’autre oralement) faite à FièrEs suite à notre lettre sur le sexisme de l’Inter-LGBT, constitue un manque flagrant de respect et un grand mépris vis-à-vis de notre structure, mais démontre surtout l’entre-soi sexiste que nous dénoncions, et dont FièrEs est par définition exclue.

Nous pourrions supporter tout cela et travailler encore à faire changer les mentalités et les pratiques de l’intérieur. Nous pourrions sans doute continuer à essayer d’influer sur les décisions, les campagnes, les communications de l’Inter-LGBT. Continuer à essayer d’imposer la féminisation des termes des textes produits par l’Inter-LGBT, de militer en interne pour plus d’inclusivité, pour  une meilleure prise en compte des problématiques féministes et des analyses intersectionnelles. Mais nous ne voulons pas, alors que nous ne sommes pas écoutées, et régulièrement mises à l’écart, continuer à servir de caution féministe à l’Inter-LGBT en en restant membre. Nous préférons nous concentrer sur nos combats, nos actions, et ne pas rester à l’Inter-LGBT pour de mauvaises raisons et dans de mauvaises conditions.

Toutefois, nous tenons à remercier les diverses associations avec lesquelles nous avons pu mener à bien des projets associatifs et avec lesquelles nous continuerons ce combat, comme le Centre LGBT Paris-Ile de France, Bi’cause, Acceptess-T, Aides, Les Enfants d’arc-en-ciel, Cineffable, Barbieturix, ou encore Le Mag-Jeunes LGBT ou Contact, pour ne citer qu’elles.

Nous remercions également l’Inter-LGBT de nous avoir permis de nouer ces liens. Nous continuerons évidemment à travailler de l’extérieur avec l’inter-associative, dans notre lutte contre les LGBT-phobies et pour l’égalité des droits, ainsi que pour l’organisation de la Marche des Fiertés, notamment cette année à travers le projet du LesboTruck.

Cette lettre a été lue devant les associations membres lors du « Pôle Politique » de l’Inter-LGBT le 5 mai 2015.

IVG, PMA : notre corps nous appartient

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La loi sur l’IVG célèbre ses 40 ans. Pourtant, ce droit reste toujours menacé par les anti-avortements. Nous devons continuer le combat pour que les femmes puissent disposer librement de leurs corps, comme le rappelle l’abandon de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes par le gouvernement.

• 17 janvier 1975 / 17 janvier 2015 : 40 ans d’IVG en France

Ce samedi 17 janvier 2015, la France fête les 40 ans de la promulgation de la loi sur le droit à l’avortement, dite « loi Veil ». C’est aussi l’occasion de célébrer les six mois de la suppression de la notion de « détresse » dans la loi*, au grand dam d’une soixantaine de sénateurs UMP et autres anti-avortements.

Mais nous n’avons pas que des avancées à fêter, loin s’en faut. Le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est encore un droit « à part ». De l’aveu-même du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, l’IVG reste « non consacré[e] expressément par les textes juridiques comme l’expression d’un droit ».

Nous parlerons dans ce texte de « femmes » comme nous préférons utiliser le féminin au lieu du masculin neutre. Mais nous l’affirmons, même si cela est encore considéré comme le tabou ultime : l’IVG, tout comme la PMA, concernent également les hommes trans (du moins ceux qui n’ont pas subi d’opération de stérilisation). La libre disposition de son corps concerne d’ailleurs l’ensemble des personnes trans, comme les intersexes.

Une multitude d’obstacles se dresse devant une femme souhaitant avorter, dont on aurait pu penser qu’ils disparaîtraient au cours de ces 40 ans. Las, 130 centres de santé pratiquant l’IVG ont fermé ces 10 dernières années ; la filière manque cruellement de moyens et de valorisation ; l’accès à une information neutre est rendu difficile par la présence de lobbys anti-choix très agressifs et organisés sur Internet ; les listes d’attente sont décourageantes et aboutissent dans certains cas à l’impossibilité d’avorter dans les délais ; ceux-ci ne sont pas uniformisés en Europe ; la gratuité n’est pas toujours garantie… Pire peut-être : les témoignages montrent encore que les femmes subissent, en plus de ce parcours de la combattante, tout le poids de la culpabilisation et de la remise en cause incessante de ce choix éminemment personnel, par le corps médical comme par l’entourage. Le programme présenté par Marisol Touraine et Pascale Boistard le 16 janvier 2015 vise à améliorer ces conditions d’accès. Espérons qu’il pourra être mis en oeuvre et suivi d’effets.

• Education et contraception

Le cas de l’Espagne en 2014 nous rappelle à quel point ce droit, même en France, est fragile et loin d’être acquis. Il nous rappelle que les lobbys anti-choix sont assez puissants pour se faire écouter et gagner du terrain. Et que nous devons rester vigilantes pour le préserver.
Malheureusement, bon nombre de jeunes étant né.e.s avec ce droit, apparemment acquis et inaliénable, ne ressentent pas le besoin de se mobiliser. Pourtant, une femme sur trois aura recours à l’IVG dans sa vie. Les conditions d’accès et les listes d’attente, aujourd’hui, ne garantissent plus à chaque femme de pouvoir se faire avorter en France si elle en a besoin.

L’éducation à la sexualité, devenue transversale, et dont trois séances annuelles sont obligatoires aux collège et lycée, est inapplicable. En effet, quel.le professeur.e se désignera pour réduire ses heures de cours au profit de cette éducation ? Et sur la base de quelle formation ? Qui garantit que cet enseignement sera neutre, et que chaque question posée trouvera une réponse adéquate ? Encourageons les établissements à faire appel à des associations spécialisées, en dehors de toute polémique, sans se laisser dicter leurs programmes par des lobbys anti-choix. Les jeunes accèderaient alors à une information complète, intégrant la pilule du lendemain, la responsabilité des deux partenaires, en espérant que l’IVG soit alors traitée, dans l’éventail des solutions, comme une réponse possible, et non comme l’échec des femmes.

Encore aujourd’hui, la contraception repose majoritairement sur celles-ci :

• le préservatif externe (couramment appelé « masculin ») est encouragé pour se prémunir des IST et MST, mais trop souvent, la femme est appelée à la vigilance, amenée à le réclamer… ce dont pourrait la soulager le préservatif interne (dit « féminin »), mais celui-ci ne bénéficie encore d’une publicité que trop rare ;

• dans le cadre d’un couple hétérosexuel qui se serait acquitté de tous les tests médicaux et qui choisit d’abandonner le préservatif, force est de constater que la contraception retombe sur les seules épaules de… la femme ;

• la recherche sur la contraception masculine est au point mort. Les firmes pharmaceutiques se refusent toujours à investir dans les essais cliniques pour développer à grande échelle une pilule « masculine » contraceptive, pourtant déjà existante. Or, en France, la pilule « féminine » reste le moyen de contraception le plus prescrit : il concerne la moitié des femmes. Ce dogme du tout-pilule pose problème à divers titres et a encore du mal à s’effriter. Les médecins continuent à la prescrire en masse, par habitude, bien souvent sans prendre en considération le mode de vie des patientes, la réaction aux hormones ou la sexualité (trois IVG sur quatre concernent une femme sous contraceptif)… Ces femmes peuvent alors avoir besoin de recourir à l’IVG, ce pour quoi le corps médical les stigmatise et les culpabilise bien souvent (sauf une poignée d’irréductibles militant.e.s convaincu.e.s dont il faut saluer l’engagement)… Le cercle vicieux se poursuit.

• Dédramatiser l’avortement

L’avortement est, dans les médias comme en politique, présenté comme un échec, un pis- aller, un choix douloureux, un dernier recours et il n’est accepté que présenté comme tel. Dans les années 1973-1975, c’est l’argument de la santé publique qui a permis de gagner la bataille de l’IVG : il fallait sauver les femmes de conditions sanitaires déplorables, les préserver des complications, officialiser une situation clandestine contre laquelle il était quasi-impossible de lutter par la répression.
Même si les féministes ont défendu dans la rue l’idée de libre disposition de leurs corps par les femmes, ce n’est pas l’argument que les députés ont retenu. Simone Veil a gagné en affirmant devant une Assemblée presque exclusivement masculine que « l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue », que « c’est toujours un drame, cela restera toujours un drame ». La loi veut « contrôler » l’avortement, et en même temps, « en dissuader la femme ». De tout cela vient l’expression consacrée : « IVG de confort » et son contre-argument : « il n’y a pas d’IVG de confort, l’IVG n’est jamais un acte anodin pour une femme »… En tant que féministes, refusons ces affirmations, prenons nos distances avec ces lieux communs.

La « libre disposition de son corps »… cette expression scandée par toutes les féministes, jusqu’à épuisement, jusqu’à ne plus être ni comprise ni entendue, n’a jamais permis de gagner des droits, dans notre société reposant sur la domination masculine. Cet argument repose pourtant sur l’idée simple que le corps d’un individu lui appartient, que la personne concernée est la seule apte à décider pour elle-même ; qu’elle veuille ou non garder ou porter un enfant ou subir une opération. Nous pensons ici aux personnes trans bien trop souvent contraintes de subir une opération de stérilisation pour accéder au changement d’état civil…!

• IVG, PMA : même combat !

Malgré certain.e.s qui utilisent encore l’argument sanitaire et victimaire pour défendre l’IVG, nous l’affirmons, même si cela en fait tiquer plus d’un.e : IVG et PMA (procréation médicalement assistée) relèvent du même droit à disposer de son corps. Quelle que soit la situation familiale, économique, sociale, qu’elle soit dans une situation de « détresse » ou non, une femme (ou un homme trans) doit pouvoir décider pour elle-même, sans culpabilisation, sans avoir à se justifier, de ce qu’il adviendra de son utérus.
Nous ne nous résoudrons pas à gagner la bataille de la PMA en usant exclusivement d’arguments larmoyants sur les femmes qui vont en Belgique et subissent de graves infections en raison du manque de suivi. C’est une réalité, c’est une catastrophe, c’est une situation qu’il faut stopper, mais ce ne doit pas être l’argument principal utilisé par nous, les féministes.
Le rôle des féministes est de rappeler que la domination masculine se fonde sur le contrôle de la capacité de procréation des femmes, dont la PMA pour toutes est une remise en cause totale. Réaffirmons notre engagement pour l’accouchement sous X, droit sur lequel beaucoup, même à gauche, voudraient revenir. Ramenons la question de la libre disposition de soi au centre du débat ; refusons que les femmes aient quelque explication que ce soit à donner dans leur choix d’avoir ou non un enfant ; finissons-en avec la culpabilisation et le misérabilisme. Changeons de perspective, et surtout : ne faisons aucune concession face aux conservateurs qui n’acceptent le droit à l’IVG que si les femmes en souffrent, et qui n’accepteraient l’ouverture de la PMA à toutes les femmes qu’à condition qu’on leur prouve que celles-ci se meurent dans le Thalys.

* Pour rappel, la formulation « femme qui ne veut pas poursuivre une grossesse » a remplacé le 31 juillet dernier « que son état place dans une situation de détresse ».

Samedi 18 octobre, mobilisons-nous pour l’Existrans !

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FièrEs appelle à la mobilisation le 18 octobre à 14h au départ de la Place Stalingrad (Paris) pour défendre les droits des trans’ et intersexué.e.s lors de la 18e Marche de l’Existrans.

A l’exception de quelques parlementaires qui s’engagent ponctuellement mais avec une constante maladresse (par exemple, le très critiquable projet de loi d’Esther Benbassa), nos dirigeant.e.s semblent avoir bel et bien oublié l’urgence de légiférer sur la question des droits des trans’ et des intersexué.e.s. Se mobiliser collectivement sur ce sujet pour le remettre à l’ordre du jour est donc prioritaire.

Le gouvernement et les élu.e.s de gauche ont dans leur grande majorité abandonné leurs engagements allant dans le sens de plus d’égalité (PMA pour toutes les femmes, ABCD de l’égalité…). Leurs multiples reculs n’ont fait que témoigner du poids des opinions conservatrices et réactionnaires et de la peur que leur inspirent la « Manif pour tous » et ses alliés. Ainsi, en quelques mois, le mot « genre » est devenu tabou, ou est au mieux utilisé à mauvais escient par des médias et politiques complaisants. Remettre en cause la «binarité» et la « complémentarité femme/homme » suscite les plus violentes levées de bouclier. Dans la même veine, la moindre évocation du mot « trans » semble provoquer fureur et panique dans les rangs des conservateurs/trices.

Nous devons faire de cette journée un événement d’ampleur afin de rappeler au gouvernement et aux parlementaires l’urgence de se saisir de la question. Au-delà des associations LGBT, les féministes ont également un rôle à jouer dans les avancées et combats à venir en la matière. Lutter contre la binarité sexuelle, pour la libre disposition de son corps, pour la défense des études de genre, etc. sont autant d’engagements féministes qui trouvent plein écho dans la défense des droits des trans’ et des personnes intersexes.

FièrEs marchera samedi pour exiger que cessent toutes les discriminations que subissent les trans’ et intersexué.e.s au quotidien. FièrEs marchera samedi contre le réassignement à la naissance des personnes intersexes. FièrEs marchera samedi pour exiger une loi permettant un changement d’état civil libre, sansconditions médicales, déjudiciarisé et sans obligation de conformité aux stéréotypesde genre.Badges Trans FièrEs

FièrEs lance son 1er « cahier de vacances » féministe

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Que vous soyez en train de vous dorer sur la plage, de faire un trek dans l’Himalaya, que vous passiez l’été à travailler ou dans la salle d’attente de Pole Emploi, téléchargez vite notre « cahier de vacances » ! Au programme : des quizz, un jeu des 7 différences, un « jeu de lois », des mots mêlés, des points à relier, des coloriages, etc. Découvrez des femmes illustres inconnues, des grandes dates de l’histoire des droits des femmes et même des conseils de safe sex.

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Couverture "cahier de vacances" féministe