droits des femmes

8 mars 2017 : Palmarès du féminisme en carton pour les candidat.e.s à la Présidentielle

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Depuis quelques mois, nous assistons à un étrange phénomène. Les vocations féministes fleurissent chez les politiques, à droite comme à gauche. Les personnalités politiques auraient-elles enfin décidé de participer à la destruction du système hétéropatriarcal ? Viennent-elles d’apprendre que les femmes ont le droit de vote ?

Cela nous ferait sûrement rire si ces propos ne trouvaient pas d’écho parmi les électeurs, si cette rhétorique démagogique n’était pas dangereuse : elle dévoie les combats pour les droits des femmes, devenus un gadget, sans s’attaquer aux racines du système hétéropatriarcal. Aujourd’hui Journée Internationale de Lutte pour les Droits des Femmes, nous, féministes, avons le devoir de dénoncer cette grossière manipulation.

C’est pourquoi à l’approche des Présidentielles, FièrEs lance son « Palmarès du Féminisme en Carton ».

Marine Le Pen a été la première à recevoir son prix, celui de l’Imposture. Imposture d’une candidate qui instrumentalise les femmes à des fins racistes et purement électorales. Se dire « la candidate des droits des femmes » alors qu’elle et son parti n’ont eu de cesse de lutter contre toutes les avancées pour les femmes [1], il fallait oser !

Mais Marine Le Pen est loin d’être la seule à pratiquer ce type de manipulation et nous n’oublierons personne… Nous ne sommes pas dupes des tentatives d’instrumentalisation des femmes et de récupération des discours féministes entrepris par de nombreux politiques à des fins électorales.

Ce 8 mars 2017, rappelons que les combats féministes sont toujours cruellement d’actualité. L’oppression des femmes en France et dans le monde est loin d’être un sujet marketing et cosmétique:

Dans le monde : plus de 700 millions de femmes actuellement en vie se sont mariées alors qu’elles étaient encore enfants [2], plus de 130 millions de filles dans le monde ont subi une mutilation ou une ablation génitale [3], jusqu’à 5 000 femmes sont victimes de « crimes d’honneur » chaque année [4]603 millions de femmes vivent dans des pays où la violence domestique n’est pas un crime [5], les relations entre femmes sont illégales dans 50 pays , le droit à l’avortement est limité dans plus de 2/3 des pays [6]. Entre 40 % et 70 % des femmes assassinées sont tuées par leur conjoint en Australie, au Canada, en Israël, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis [10].

En France : chaque année 201 000 femmes se déclarent victimes de violences conjugales [7]70 % des femmes en situation de handicap seraient victimes de violences [8]1 femme sur a été victime de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle [9].

Ce 8 mars, marchons pour dénoncer l’oppression systémique des femmes. À l’aube des élections présidentielles, marchons pour dénoncer l’instrumentalisation des femmes à des fins qui n’ont aucun rapport avec la destruction de cette oppression ! 

[1] Les députés FN ont voté contre l’amendement portant à vingt semaines le congé maternité (20/10/2010), contre le rapport sur la santé et les droits sexuels et génésiques (10/12/2013), contre le rapport sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’UE (11/3/2014)…
[2]  « Ending Child Marriage: Progress and Prospects », Unicef, 2013
[3] ONU, « Mettre fin à la violence à l’égard des femmes : des paroles aux actes », Etude du Secrétaire général – 2006.
[4] Etude du Fonds des Nations Unies pour la population. 
[5] ONU, « Mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles : quelques faits et chiffres ».
[6] « World Abortion Policies », Division de la population, Nations Unies.
[7] Insee-ONDRP, enquêtes « Cadre de vie et sécurité », 2010-2012 in La lettre de l’Observatoire des violences faites aux femmes.
[8] Estimation de l’association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir.
[9] Enquête IFOP pour le Défenseur des droits, mars 2014.
[10] ONU, « Mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles : quelques faits et chiffres ».

[8 mars] Les droits des femmes en chiffres : la moitié de l’humanité toujours opprimée

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8 mars : Journée Internationale de Lutte pour les Droits des Femmes

La lutte pour les droits des femmes est toujours d’actualité. En ce 8 mars, FièrEs se mobilise et rappelle que le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes se mène au quotidien. Le 8 mars n’est qu’une journée pour braquer le projecteur sur l’importance des luttes féministes. Profitons de cette occasion pour rappeler tout d’abord quelques chiffres :

– En moyenne, chaque année, 201 000 femmes en France se déclarent victimes de violences conjugales [1].

– Entre 2010 et 2012, 83 000 femmes par an en France ont été victimes de viols ou tentatives de viols [2].

– 22 % des Européennes ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire [3].

– Entre 40 % et 70 % des femmes assassinées sont tuées par leur conjoint en Australie, au Canada, en Israël, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis [4].

– 603 millions de femmes vivent dans des pays où la violence domestique n’est pas un crime [5].

– À l’échelle mondiale, plus de 700 millions de femmes actuellement en vie se sont mariées alors qu’elles étaient encore enfants [6].

– Plus de 130 millions de filles dans le monde ont subi une mutilation ou une ablation génitale [7].

– Jusqu’à 5 000 femmes sont victimes de « crimes d’honneur » chaque année [8] dans le monde.

– 70 % des femmes handicapées en France seraient victimes de violences [9].

Si vous êtes chef-fe d’entreprise, au lieu d’offrir des fleurs à vos collaboratrices, rappelez-vous plutôt toute l’année que :

– 18 % seulement des entreprises dans le monde sont dirigées par une femme [10].

– Aux États-Unis, les travailleuses hispaniques gagnent en moyenne 90 % du salaire des hommes, mais seulement 60 % du salaire des « hommes blancs » [11].

– Dans 15 pays, les femmes doivent demander à leur mari la permission de travailler.

– Dans 79 pays, la loi restreint le type d’emploi qu’une femme peut occuper [12].

– En France, à travail égal, les femmes gagnent toujours en moyenne 27 % de moins que les hommes [13].

– 1 femme sur a été victime de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle et 5 % seulement des cas ont été portés devant la justice [14].

Enseignes, marques, publicitaires : au lieu de prévoir des campagnes publicitaires sexistes et stéréotypées, prenez acte du fait que :

– 84 % des femmes françaises interrogées pensent que les marques sont responsables des stéréotypes de genre [15].

– 74 % des français.e.s réprouvent les publicités sexistes [16].

– 79 % de répondant.e.s pensent que “les entreprises devraient s’attacher à ne pas véhiculer des stéréotypes sexistes à travers leurs campagnes”, et 44 % jugent même que “les entreprises devraient être sanctionnées” [17].

Femmes et hommes politiques, médias, choisissez vos mots et, le 8 mars, montrez votre engagement. Ne parlez plus complaisamment de « Journée de LA femme » mais rappelez qu’il s’agit d’une journée de lutte, en France comme ailleurs, à mener sur tous les fronts :

– 17 % seulement des ministres de gouvernements dans le monde et 22 % des parlementaires nationaux sont des femmes [18].

– En France, 25 % des député.e.s sont des femmes [19].

– Les femmes ne se voient délivrer aucun permis de conduire en Arabie Saoudite.

– 15 millions de filles dans le monde ne seront jamais scolarisées [20].

– Les relations entre femmes sont illégales dans 50 pays.

– En France, 3 lesbiennes sur 5 ont été victimes de lesbophobie dans les 2 dernières années [21].

– En France, les femmes n’ont pas accès à la PMA si elles ne justifient pas d’une relation suivie avec un homme.

– Le droit à l’avortement est limité dans plus de 2/3 des pays [22].

Alors, vous pensez toujours que les luttes féministes n’ont plus lieu d’être ?

 

[1] Insee-ONDRP, enquêtes « Cadre de vie et sécurité », 2010-2012 in La lettre de l’Observatoire des violences faites aux femmes.

[2] Ibidem

[3] Parlement européen, « Violence à l’égard des femmes : la vérité qui dérange », 7 mars 2014.

[4] ONU, « Mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles : quelques faits et chiffres ».

[5] Ibidem.

[6] « Ending Child Marriage: Progress and Prospects », Unicef, 2013.

[7] ONU, « Mettre fin à la violence à l’égard des femmes : des paroles aux actes », Etude du Secrétaire général – 2006.

[8] Etude du Fonds des Nations Unies pour la population.

[9] Estimation de l’association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir.

[10] La Banque mondiale, Enterprise Surveys on gender (Enquêtes sur le genre en entreprise).

[11] Bureau des statistiques du travail, Département du travail des États-Unis, 2012.

[12] Women, business & the law, The world bank et IFC, 2014.

[13] Insee, 2010.

[14] Enquête IFOP pour le Défenseur des droits, mars 2014.

[15] Etude « Femmes et stéréotypes de genre », pour le site aufeminin.com, 2013.

[16] Etude Mediaprism, 2013.

[17] Ibidem.

[18] ONU Femmes.

[19] Observatoire des inégalités, 2014.

[20] Contre 10 millions de garçons. Chiffres Unicef.

[21] SOS-homophobie, 2014.

[22] « World Abortion Policies », Division de la population, Nations Unies.

[Communiqué de presse] ABCD supprimés : 0 pointé pour le gouvernement

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FièrEs appelle au rassemblement de Sud Education aujourd’hui,  à 14h30, devant le Ministère de l’Education nationale, pour protester contre l’abandon du dispositif « ABCD de l’égalité ».

Ils ne seront pas généralisés, ont perdu leur substance, mais aussi leur nom : les ABCD de l’égalité ont bien été abandonnés car, de l’aveu de Benoît Hamon, « les parents posent beaucoup de questions ».

Ce dispositif éducatif visait à lutter contre la formation des inégalités filles/garçons dès le plus jeune âge, en agissant sur les représentations des élèves et les pratiques des acteurs de l’éducation. En son temps, même la droite par la voix de Jean-François Copé appelait à la mise en place d’un tel dispositif. Le gouvernement, et plus particulièrement le ministre de l’Education nationale, cherchaient depuis un moment à s’en débarrasser en catimini, sans vraiment faire l’annonce d’un abandon total, en trouvant une issue « honorable », discrète et hypocrite ; c’est chose faite.

Les passionaria « anti-égalité » ont une fois de plus fait ployer le gouvernement à grand renfort de désinformation, contre un dispositif qui visait à transmettre des valeurs d’égalité entre femmes et hommes et à lutter contre les stéréotypes de genre dès l’école. On aura tout dit sur ces « ABCD de l’égalité » : « dénaturation de l’école », « propagande LGBT », « fin de la civilisation »… De quoi ont-ils peur ? Que les enfants ouvrent les yeux sur le traitement inégalitaire et différencié qui leur est imposé dès la naissance ? Si seulement !

Faut-il adresser à ce gouvernement un ABCD de la détermination politique ? Un ABCD dans lequel il découvrirait avec stupeur qu’un programme électoral se respecte, que des craintes rétrogrades se combattent :

Abandonnées, toutes les promesses en faveur de l’égalité l’auront donc été (éducation contre les stéréotypes, programme contre les violences et discriminations commises en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre*, ouverture de la PMA à toutes les femmes…).

Bataille pour l’égalité : associations, collectifs, individu-e-s, féministes, LGBT, militant-e-s contre les discriminations, ne lâcheront pas sur le terrain de l’égalité.

Courage politique, c’est décidément ce qui manque à ce gouvernement pour mener ses engagements à bien.

Défaite électorale, c’est ce qui se profile pour 2017 car l’électorat que ce gouvernement semble vouloir séduire avec ce genre de mesures n’est pas le leur…

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* http://www.gouvernement.fr/gouvernement/homophobie-et-discriminations-a-raison-de-l-identite-de-genre-un-programme-d-actions-go