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8 mars 2017 : Palmarès du féminisme en carton pour les candidat.e.s à la Présidentielle

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Depuis quelques mois, nous assistons à un étrange phénomène. Les vocations féministes fleurissent chez les politiques, à droite comme à gauche. Les personnalités politiques auraient-elles enfin décidé de participer à la destruction du système hétéropatriarcal ? Viennent-elles d’apprendre que les femmes ont le droit de vote ?

Cela nous ferait sûrement rire si ces propos ne trouvaient pas d’écho parmi les électeurs, si cette rhétorique démagogique n’était pas dangereuse : elle dévoie les combats pour les droits des femmes, devenus un gadget, sans s’attaquer aux racines du système hétéropatriarcal. Aujourd’hui Journée Internationale de Lutte pour les Droits des Femmes, nous, féministes, avons le devoir de dénoncer cette grossière manipulation.

C’est pourquoi à l’approche des Présidentielles, FièrEs lance son « Palmarès du Féminisme en Carton ».

Marine Le Pen a été la première à recevoir son prix, celui de l’Imposture. Imposture d’une candidate qui instrumentalise les femmes à des fins racistes et purement électorales. Se dire « la candidate des droits des femmes » alors qu’elle et son parti n’ont eu de cesse de lutter contre toutes les avancées pour les femmes [1], il fallait oser !

Mais Marine Le Pen est loin d’être la seule à pratiquer ce type de manipulation et nous n’oublierons personne… Nous ne sommes pas dupes des tentatives d’instrumentalisation des femmes et de récupération des discours féministes entrepris par de nombreux politiques à des fins électorales.

Ce 8 mars 2017, rappelons que les combats féministes sont toujours cruellement d’actualité. L’oppression des femmes en France et dans le monde est loin d’être un sujet marketing et cosmétique:

Dans le monde : plus de 700 millions de femmes actuellement en vie se sont mariées alors qu’elles étaient encore enfants [2], plus de 130 millions de filles dans le monde ont subi une mutilation ou une ablation génitale [3], jusqu’à 5 000 femmes sont victimes de « crimes d’honneur » chaque année [4]603 millions de femmes vivent dans des pays où la violence domestique n’est pas un crime [5], les relations entre femmes sont illégales dans 50 pays , le droit à l’avortement est limité dans plus de 2/3 des pays [6]. Entre 40 % et 70 % des femmes assassinées sont tuées par leur conjoint en Australie, au Canada, en Israël, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis [10].

En France : chaque année 201 000 femmes se déclarent victimes de violences conjugales [7]70 % des femmes en situation de handicap seraient victimes de violences [8]1 femme sur a été victime de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle [9].

Ce 8 mars, marchons pour dénoncer l’oppression systémique des femmes. À l’aube des élections présidentielles, marchons pour dénoncer l’instrumentalisation des femmes à des fins qui n’ont aucun rapport avec la destruction de cette oppression ! 

[1] Les députés FN ont voté contre l’amendement portant à vingt semaines le congé maternité (20/10/2010), contre le rapport sur la santé et les droits sexuels et génésiques (10/12/2013), contre le rapport sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’UE (11/3/2014)…
[2]  « Ending Child Marriage: Progress and Prospects », Unicef, 2013
[3] ONU, « Mettre fin à la violence à l’égard des femmes : des paroles aux actes », Etude du Secrétaire général – 2006.
[4] Etude du Fonds des Nations Unies pour la population. 
[5] ONU, « Mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles : quelques faits et chiffres ».
[6] « World Abortion Policies », Division de la population, Nations Unies.
[7] Insee-ONDRP, enquêtes « Cadre de vie et sécurité », 2010-2012 in La lettre de l’Observatoire des violences faites aux femmes.
[8] Estimation de l’association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir.
[9] Enquête IFOP pour le Défenseur des droits, mars 2014.
[10] ONU, « Mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles : quelques faits et chiffres ».

25 novembre : le bal des faux-culs

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25 novembre : le bal des faux-culs
ou quand les réactionnaires de toujours
se découvrent féministes d’un jour 

25 novembre 2016, Journée Internationale contre les violences faites aux femmes, Marine Le Pen tweete :

“les violences faites aux femmes sont une insulte à notre civilisation, un fléau contre lequel je mènerai une action lucide et énergique”.

Ce même jour, la Manif pour tous tweete :

“la marchandisation de leur corps par des couples commanditaires est une violence faite aux femmes” et “NON à toutes ces violences faites aux femmes et NON à la GPA = exploitation des femmes”.

Mais de qui se moque-t-on ?? Plus que jamais, dénonçons l’instrumentalisation des femmes et des discours féministes par leurs ennemi-e-s politiques. NON bien sûr, ielles ne sont pas nos allié.e.s. Nous devons réaffirmer avec toujours plus de force qu’iels font le lit des violences subies par les femmes, qu’iels les dénoncent quand ça les arrange pour mieux les instrumentaliser contre une partie de la population. Iels participent au maintien du système patriarcal. Iels en sont même l’un des bras armés.

Sous couvert de défendre les femmes, iels tentent de dresser les groupes minorisés les uns contre les autres. Réaffirmons que notre féminisme est indissociable de la destruction des autres oppressions. Ce que nous voulons c’est la destruction du système cishétéropatriarcal, ce que nous voulons, c’est la destruction de toutes les oppressions.

Dans le même temps, partout dans le monde, les droits des femmes sont menacés et on assiste à une libération et une légitimation toujours plus médiatisées de la parole sexiste. Du tristement célèbre “grab them by the pussy” de Donald Trump, au projet de loi proposé par le parti du président turc Erdogan (prévoyant l’annulation des condamnations pour viols sur mineures si le violeur épouse sa victime), en passant par le coup d’Etat machiste au Brésil ou la remise en cause du droit à l’IVG en cas de viol en Pologne et au Brésil, la violence contre les femmes est un propos audible et un sujet de débat comme un autre. Les porte-paroles du cishétéropatriarcat se portent bien.

La France ne fait pas exception à ce phénomène : de l’analogie faite par François Fillon, expliquant que “la France n’est pas un pays à prendre comme une femme”, aux multiples propos sexistes et nauséabonds autour de “l’affaire Baupin”, en passant par la polémique autour du port du burkini à la plage… Aspirant à la fonction présidentielle, parlementaire ou briguant un ministère, les personnalités politiques s’en donnent à cœur joie, martelant que le corps des femmes ne leur appartient pas, que la parole de n’importe quel homme a plus de poids que leurs choix.

Double discours, même objectif : instrumentaliser les femmes à des fins qui n’ont aucun rapport avec la fin de leur oppression ! A l’aune des élections présidentielles, il nous faut refuser la récupération de la classe des femmes par ces discours politiques.

Affirmons à ceux qui veulent nous instrumentaliser que nous ne sommes pas leurs pions, et que jamais nous ne serons la caution de leurs propos démagogiques, racistes et xénophobes.

Affirmons à ceux qui veulent nous instrumentaliser que nous ne sommes pas leurs faire-valoirs, et qu’il ne suffit pas de nous tendre une carotte pour que l’on marche sagement derrière sans remettre en question leurs politiques.

Affirmons à ceux qui veulent nous maintenir sous leur domination et nous retirer les quelques droits durement obtenus que nous nous battrons pour mettre fin à leur système.

Partout dans le monde, des femmes se lèvent pour lutter contre toutes les formes de violences dont elles sont victimes. La fin de ces violences ne passera pas par le bal des faux-culs mais par les féministes. Ne les laissons pas faire croire le contraire.

8 mars 2016 : « Mais qu’est-ce qu’elles veulent encore ? »

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En cette Journée Internationale pour les droits des femmes, si nous vous disions déjà ce que nous ne voulons pas ?

Nous ne voulons pas nous réjouir d’avoir un Ministère des Droits des Femmes rattaché à la famille et à l’enfance.

Nous ne voulons pas que les femmes soient une fois de plus reléguées à un rôle procréatif, ce rôle dans lequel le patriarcat essaie de les cantonner, ce rôle qu’il utilise pour asseoir sa domination.

Nous ne voulons pas que le corps des femmes soit contrôlé par qui que ce soit d’autre qu’elles-mêmes.

Nous ne voulons pas d’une société qui creuse les inégalités.

Nous ne voulons pas d’une réforme du Code du travail qui touchera les plus précaires de plein fouet : 82 % des temps partiels concernent des femmes*.

Nous ne voulons pas d’une société s’appuyant sur le travail gratuit des femmes qui, en France, rappelons-le, font toujours 80 % des tâches domestiques.

Nous ne voulons pas d’un système qui dresse les femmes dès l’enfance à se conformer à un modèle normatif qui les opprime et les dévalorise.

Nous ne voulons pas d’une société qui hiérarchise les sexualités et érige l’hétérosexualité en norme obligatoire.

Nous ne voulons pas de vos politiques patriarcales, capitalistes et racistes qui déshumanisent les migrant.e.s et les femmes réfugiées et les vulnérabilisent face à toutes les violences.

Nous ne voulons pas taire le fait que dans tous les milieux sociaux, dans toutes les rues, par tous types d’hommes, des femmes se font harceler, violer et agresser sexuellement.

Nous ne voulons pas que nos luttes et nos argumentaires soient récupérés à des fins racistes et classistes.

Nous ne voulons pas et ne continuerons pas à accepter d’être silenciées, niées dans nos expressions, dans nos luttes, dans nos identités et nos sexualités.

C’est pourquoi cette liste est non-exhaustive, comme la liste des luttes qui restent à mener à toutes les féministes qui refusent d’accepter cette société inégalitaire et dominée par les hommes. Les combats se mènent au quotidien, dans les sphères publique et privée, dans toutes les sociétés, à toutes les échelles. Nous voulons ce qui nous est dû et nous le prendrons : nos droits, notre émancipation !

*La nouvelle « Loi travail » prévoit la disparition du nombre d’heures plancher pour les contrats à temps partiel

 

Retrouvons-nous pour deux manifestations à Paris :

  • Dimanche 6 mars, 14h, à Belleville
  • Mardi 8 mars, 18h, à la Fontaine des Innocents – place Joachim du Bellay

 

Ainsi que lors de nombreux autres événements féministes organisés autour du 8 mars :

Festival féministe Paris 2016
Programme d’événements organisés dans tout Paris

 

 

1er décembre : Journée mondiale de lutte contre le sida

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Le 1er décembre 2015, à l’occasion de la 27e Journée mondiale de lutte contre le sida, FièrEs tient à dénoncer les inégalités de traitement flagrantes qui vulnérabilisent particulièrement les femmes face au VIH. Des mesures préventives doivent être prises, à tous les niveaux (recherche pharmaceutique, campagnes médiatiques, prise en charge médicale) et adaptées aux spécificités des populations concernées.

Les femmes, les hommes trans’ et autres personnes AFAB (Assigned Female At Birth = personnes assignées « femmes » à la naissance) sont une population particulièrement exposée au VIH car, comme l’anus, la muqueuse vaginale est une zone largement exposée aux infections. Les traitements pharmaceutiques ainsi que leurs dosages ont été élaborés pour des corps d’AMAB (Assigned Male At Birth = personnes assignées « hommes » à la naissance), et sont donc inadaptés et peuvent être difficiles à supporter pour les AFAB.

De manière générale, la sexualité des femmes demeurant un tabou majeur, elles n’ont que difficilement accès à l’information et à l’action préventive. A l’heure actuelle en France, 18% des nouvelles infections concernent des personnes de plus de 50 ans*, en partie parce qu’elles ont, pendant des années, échappé aux campagnes préventives. Le manque flagrant de prévention se fait également sentir auprès des FSF (femmes cis ou trans ayant des relations sexuelles entre elles), notamment concernant les risques de co-infection par les virus VIH et HPV. La sexualité entre femmes étant invisibilisée, la prévention qui devrait l’accompagner est depuis toujours négligée, laissant des idées reçues régir les sexualités de nombreuses personnes concernées. Par ailleurs, cette invisibilisation touche très fortement les FtM (hommes trans) et les personnes non-binaires, qui se trouvent ainsi également exposéEs au VIH.

Le système hétéropatriarcal qui organise un contrôle de la sexualité des femmes, perçue comme taboue et qui répand la culture du viol en niant leur consentement concernant les pratiques sexuelles et les conditions de ces pratiques, comme le port du préservatif, renforce leurs difficultés d’accès à l’information, à l’action préventive et les met en danger. Par ailleurs, les campagnes et autres mesures de lutte contre les violences faites aux personnes séropositives ne prennent pas en compte les spécificités des discriminations dirigées contre les femmes.

Rappelons-le, les femmes sont généralement plus précarisées. Nous pensons notamment aux femmes exilées, qui sont particulièrement vulnérables (difficulté d’accès aux soins, d’accès à l’information, de maîtrise de leur sexualité, etc.). L’étude de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) « Parcours de vie, VIH et hépatite B chez les migrants sub-Sahariens vivant en Ile-de-France »* montre pour la première fois que 30 % des femmes migrantes sont contaminées par le VIH après leur arrivée en France. Pour Annabel Desgrees du Loup, chercheuse qui a coordonné l’étude, ce chiffre s’explique par les situations de précarité (sans papiers ou sans logement) vécues par les femmes exilées.

⇒ Il est donc impératif de mettre en place des mesures préventives à destination des femmes cisgenres ou trans, des hommes trans et autres personnes AFAB, de tous âges, de toutes conditions sociales et de tous horizons, en prenant en compte les spécificités des identités et des pratiques de chaque population.

Nous exigeons, pour ces publics concernés et délaissés des campagnes préventives :

– une recherche et développement des traitements pharmaceutiques qui prenne en compte la spécificité de ces corps.

– des campagnes médiatiques adaptées aux discriminations spécifiques qu’elleux subissent.
– un accueil et une réelle prise en charge médicale ainsi qu’un accès aux soins facilité pour touTEs les personnes concernées, notamment celles en situation de précarité.

Quelques brochures : 

– « Tomber la culotte », éditée par Le Kiosque Infos Sida et Sida Info Service (http://www.planning-familial.org/sites/internet/files/fsf_brochure_210911_bassedef.pdf)

– « Femmes et IST », éditée par Le Kiosque Infos Sida (http://www.lekiosque.org/le-kiosque/item/97-femmes-et-ist)

– « Petit manuel des IST entre femmes », éditée par SOS Homophobie (http://www.sos-homophobie.org/sites/default/files/brochure_ist_entre_femmes.pdf).

 

*http://www.invs.sante.fr/beh/2014/9-10/2014_9-10_1.html
* Parcours de vie, VIH et hépatite B chez les migrants sub-Sahariens vivant en Ile-de-France, ANRS, paru le 1er décembre 2015. ANRS PARCOURS est une enquête réalisée entre février 2012 et mai 2013 auprès de migrants venant d’Afrique subsaharienne, afin de déterminer leurs besoins de santé et d’améliorer les stratégies de prévention, de dépistage et de prise en charge de l’infection par le VIH et l’hépatite B. Conduite en Ile-de-France, région accueillant le plus grand nombre de migrants d’Afrique subsaharienne, au sein de 74 services de santé, dont 24 services hospitaliers de suivi du VIH, ANRS PARCOURS a été réalisée en collaboration entre des équipes de l’IRD, de l’Inserm et de l’INPES, ainsi qu’avec le soutien d’associations de migrants et de malades.
http://www.eurosurveillance.org/ViewArticle.aspx?ArticleId=21311

 

25/11 : Journée de lutte contre les violences faites aux femmes

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Violences matérielles et violences symboliques

 

  • Dans le monde, une femme sur trois est victime de violence physique ou sexuelle au cours de sa vie ;
  • Jusqu’à 70% de femmes sont victimes de violences dans certains pays*

… Ces chiffres sont accablants, n’est-ce pas ? Malheureusement, il est fort probable que ceux-ci minimisent également un grand nombre de réalités, compte tenu des violences subies et non signalées, ainsi que des formes multiples et souvent insidieuses que revêtent les violences patriarcales et le sexisme.

Dites « violences faites aux femmes », vous entendrez immédiatement violence matérielle, physique et psychologique, omniprésente à travers le monde sous la forme d’infanticides à la naissance, de mutilations génitales, de mariages forcés, de trafics d’êtres humains, de viols, d’agressions sexuelles, de violences conjugales, d’insultes, de harcèlement, de discriminations, et de tous autres types d’assauts.

Autant de manifestations matérielles d’une violence symbolique généralisée, institutionnelle, qui légitime une grande partie des rapports de pouvoir : celle sur laquelle repose l’édifice hétéropatriarcal. Parmi ses moyens de répression principaux, on compte le cissexisme et l’hétéronormativité, qui sont à l’origine des LGBTI-phobies et des autres discriminations visant à invisibiliser et à précariser les minorités sociales. Dans cette longue liste, l’on retrouve : les injonctions à la non-libre disposition de son corps – avec la culpabilisation de l’acte d’IVG, la restriction de la PMA et l’encadrement abusif du changement d’état civil pour les personnes trans -, les stéréotypes genrés qui tissent nos relations sociales dès l’enfance ou l’éternel plafond de verre dans le monde du travail pour les femmes…

En l’occurrence, constatant la traditionnelle procrastination gouvernementale en situation de crise humanitaire, on pense tout particulièrement au cas des femmes exilées, pour lesquelles il est urgent de mettre en place des plans d’action solidaire, et ce, à l’échelle nationale.

C’est parce que la lutte pour les droits des femmes est indissociable de la lutte pour les droits des autres minorités que FièrEs, association militante féministe portée par des lesbiennes, des bies, des trans, appelle à la mobilisation de touTEs, sous toutes les formes possibles. Car l’état d’urgence, ce n’est pas seulement celui dans lequel l’Etat veut nous enfermer. C’est aussi l’état dans lequel sont les femmes, partout et toujours, sans que l’on veuille les écouter ni les voir.

* Selon l’ONU Femmes, novembre 2015
http://www.unwomen.org/fr/digital-library/multimedia/2015/11/infographic-violence-against-women

[MANIFESTE] LesboTruck : lesbiennes visibles, lesbiennes invincibles

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Le LesboTruck c’est quoi ? C’est le seul char lesbien de la Marche des Fiertés LGBT 2015 de Paris. Oui, le seul. Les « Gouine comme un camion » ayant décidé de prendre une pause bien méritée, nous avons failli cette année vivre une Marche des Fiertés LGBT sans char pour les lesbiennes. Parce qu’être visibles nous rend plus fortes, parce que nous devons occuper tous les espaces, nous n’avons pas voulu laisser cette place vide. Le LesboTruck sera donc un char d’assaut pour affirmer la visibilité lesbienne lors de la Marche des Fiertés, mais aussi un tremplin pour réclamer la PMA pour toutes les femmes et la réforme de la filiation, et pour lutter contre la lesbophobie.
Bannière
Porté par trois associations féministes (Cineffable, FièrEs et Fuk the Name) ainsi que des individuEs, le projet du LesboTruck est soutenu par des partenaires lesbiens et lesbian-friendly.

Fédérer les lesbiennes et les associations autour de ce projet commun et du slogan « Dykes are united » (« Gouines unies »), tel a été l’objectif du LesboTruck qui en deux mois a réussi à réunir l’argent et les forces nécessaires pour faire rouler, ce 27 juin 2015, un char lesbien derrière lequel toutes les lesbiennes seront invitées à se réunir !

Le collectif LesboTruck, c’est un char, mais pas seulement. C’est un message fort que les associations et les individuEs mobilisées ont voulu envoyer. Ce message, c’est que la visibilité est un enjeu politique en soi.

Tant que deux femmes n’oseront pas se tenir la main dans la rue, tant que 60% des lesbiennes déclareront avoir subi de la lesbophobie au cours des deux dernières années, tant que 74% d’entre elles n’oseront pas en parler à leur famille, et 82% n’oseront pas en parler à leurs collègues par peur du rejet*, nous aurons férocement besoin de sortir du placard, d’être visibles, nous militantes, nous devrons monter des chars, des collectifs, des soirées, promouvoir nos cultures lesbiennes, prendre l’espace, parler de nous et de nos vies, de nos enjeux. Nous devrons témoigner et dire à quel point le système hétéropatriarcal nous écrase, nous devrons marcher pour obtenir le droit à disposer librement de nos corps pour nous-mêmes. Car la Marche des Fiertés n’est pas seulement un défilé festif, c’est pour nombre d’entre nous, un événement de visibilité salvatrice : nous nous souvenons toutes de notre première Marche, celle où nous avons constaté que nous n’étions pas seules. Le LesboTruck roulera donc pour toutes les jeunes lesbiennes et les jeunes biEs, et aussi pour les lesbiennes demandeuses d’asile, qui ont besoin de voir qu’elles ne sont pas seules, que les lesbiennes et les biEs existent, qu’elles s’aiment, qu’elles aiment, qu’elles dansent et qu’elles revendiquent. Et surtout : qu’elles n’ont pas honte d’être qui elles sont.

LesboTruck c’est avant tout un projet pour lutter contre le silence dont on entoure les lesbiennes dans la sphère publique et médiatique. Ce silence fait croire aux adolescentes qu’elles ne sont pas « comme il faut », ce silence leur fait croire qu’elles doivent changer, et cela peut parfois avoir des conséquences funestes. Pour ces jeunes, les lesbiennes doivent prendre l’espace et se montrer fières de leurs identités.

Parler de visibilité, c’est aussi parler de visibilité de nos revendications politiques ; alors qu’en 2012 l’ouverture de la PMA à toutes les femmes faisait partie des promesses du candidat François Hollande, nous arrivons bientôt en 2017 et la PMA n’est toujours pas ouverte aux femmes célibataires et aux couples lesbiens en France. Le droit des femmes à disposer de leur corps n’a toujours pas avancé. Nous ne devons pas baisser les bras, au contraire nous devons maintenir la pression sur les politiques pour imposer la PMA dans leur calendrier et faire exister ces revendications, qui sont plus que jamais d’actualité.

Non, « lesbienne » n’est pas un gros mot. C’est ce que nous sommes. Certaines aussi sont biEs, certaines sont aussi trans’, intersexes, ou les deux, d’autres non binaires ou gender-fucker, butch ou fem, pansexuelles ou asexuelles, et qu’ielles se reconnaissent ou non dans une identité lesbienne ou gouine, touTEs celles et ceux qui nous soutiennent sont invitéEs à se joindre au LesboTruck pour faire de cette marche NOTRE marche.

Ensemble on fera bouger les choses, ensemble on va se rassembler, ensemble on sera visibles lors de la Marche des Fiertés de Paris. Le LesboTruck c’est le char créé par et pour TOUTES les lesbiennes.

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*Chiffres tirés du rapport « Enquête nationale sur la visibilité des lesbiennes et la lesbophobie » de SOS-Homophobie, 2015.

DYKES ARE UNITED !

Rejoignez-nous le 27 juin 2015!

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Nous retrouver

Sur Facebook : http://www.facebook.com/pages/Lesbotruck/

Twitter : @lesbotruck

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Le collectif LesboTruck est composé des associations Fuk The Name, FièrEs et Cineffable.

Cineffable est une association non-mixte, à but non lucratif, pour soutenir et promouvoir l’expression culturelle des femmes et des lesbiennes, lutter contre toute forme de sexisme, racisme et homophobie. Elle organise chaque année, depuis 26 ans, le Festival International de films lesbiens et féministes de Paris. cineffable.fr / contact@cineffable.fr

Fuk The Name est un groupe créé en 2012, par des femmes, pour des femmes, et tous ceux qui contribuent à les sublimer. Fuk The Name organise des soirées, des événements, en privilégiant la musique, la danse et toutes autres formes artistiques. Le but est d’essayer d’ouvrir une petite voie à une minorité, qui reste pour le moment trop souvent silencieuse. www.facebook.com/fukthenamecollectif / collectiffukthename@gmail.com

FièrEs est une association féministe, lesbienne, bi, trans, créée en 2013 et dont les objectifs principaux sont de visibiliser les lesbiennes et leurs luttes, combattre l’hétérosexisme et les LGBT-phobies, et mener toutes les autres luttes féministes. fieres.wordpress.com / contact.fieres@gmail.com

17 mai : Journée internationale contre les LGBT-phobies

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Avec l’ouverture du mariage à tous les couples il y a deux ans, l’État légitime officiellement les couples LGBT qui le souhaitent mais cela est loin d’avoir fait reculer la transphobie, la lesbophobie la biphobie et l’homophobie dans la société. La liberté de parole donnée aux anti-égalité des droits pendant la période de débat sur l’ouverture du mariage a légitimé les propos LGBT-phobes dans l’espace public et privé. Les derniers chiffres publiés par SOS homophobie sont éloquents à ce sujet : le nombre de témoignages reçus en 2014 est en hausse de 41 % par rapport à 2011. Nous rappelons à nouveau et avec force que l’homophobie, la biphobie, la lesbophobie et la transphobie ne sont pas des opinions.

Le fait que le gouvernement n’ait pas tenu ses engagements de campagne concernant les droits des LGBT autres que le mariage a également contribué à ancrer un peu plus dans la société l’idée que nos vies sont négligeables.

Nous nous sommes battuEs, et d’autres avant nous se sont battuEs, pour obtenir chaque avancée.

N’attendons pas que le gouvernement retrouve soudainement son courage politique sans rien dire. N’attendons pas d’être instrumentaliséEs en 2017 pour crier haut et fort que l’égalité des droits « c’est maintenant ! »

Depuis notre discours du 17 mai 2014, rien n’a changé pour nous : il est temps que les trans’ bénéficient d’une loi, il est temps d’ouvrir la PMA à toutes les femmes, il est temps de simplifier les démarches et l’hébergement des LGBT demandeurs du droit d’asile, il est temps de réformer la filiation pour permettre aux parents dits « sociaux » de reconnaître leurs enfants ! Il est temps de réformer notre politique du droit d’asile pour que la France soit réellement la terre d’accueil et des droits humains qu’elle prétend être. Il est temps aussi de dénoncer les LGBT-phobies des anti-égalité des droits. Le gouvernement « socialiste » ne doit plus se laisser dicter sa politique par des réactionnaires !

Lutter contre les LGBT-phobies c’est aussi lutter contre le sexisme car les deux sont entremêlés et sont les fruits de la même société hétéropatriarcale. Il ne s’agit pas uniquement de se battre contre des discriminations qui touchent une « minorité », terme réducteur par lequel nous sommes désignéEs, mais de se battre contre toute une conception sexiste et cishétéronormative de la société.

Ce n’est pas à nous de vivre cachéEs, ce n’est pas à nous d’avoir peur. La société doit changer et nous devons nous mobiliser toujours en plus grand nombre pour la transformer. Ne laissons pas le champ libre aux LGBT-phobes. Battons-nous chaque jour pour les faire reculer. Et surtout, soyons FièrEs de nos identités !