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Les parlementaires n’ouvrent pas la PMA : ils font le strike d’une loi sexiste, lesbophobe, transphobe et grossophobe.

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Les mobilisations pour l’ouverture de la PMA à touTEs ont été portées par des revendications de protection et de traitement non-discriminatoire des femmes seules, des personnes trans, des couples lesbiens, de nos familles. Le dessein était celui de la reconnaissance  de la diversité des familles au regard du droit, et leur protection.

Deux enjeux principaux sont aujourd’hui soulevés par les concernéEs : la prise en charge des frais de PMA par la sécurité sociale et l’établissement d’une filiation sécuritaire et égalitaire.

Sur ces questions le texte de loi bioéthique voté par le Sénat le 4 février 2020 est un texte dangereux et porteur d’inégalités.

 

Retour sur le texte voté par l’Assemblée Nationale

Résumons la situation face à laquelle le Sénat se trouvait : l’institution a reçu de l’Assemblée Nationale une version du projet de loi bioéthique déjà largement discutable. 

L’Assemblée Nationale avait notamment fait les choix de priver les personnes trans d’un accès à la PMA, de permettre les mutilations commises sur les enfants intersexes, de ne pas automatiser les transcriptions d’actes de naissances établis à l’étranger pour les enfants issus de GPA sur les registres français.

Concernant l’ouverture de la PMA aux couples de femmes celle-ci allait de pair avec une nouveauté injustifiée en droit de la filiation: la reconnaissance préalable devant notaire, payante et inutile.

Enfin, acteur d’un système grossophobe, l’Assemblée Nationale n’a pas pris une minute de son temps pour permettre que la PMA soit, dans les faits, ouverte aux personnes dont l’IMC est supérieur à 30, aujourd’hui largement exclues de facto du processus, de façon discriminatoire.

 

Les modifications du Sénat concernant la PMA

 

Le remboursement retiré…

Concernant la PMA, bien que son « ouverture » aux couples lesbiens et aux femmes seules ait été votée par le Sénat, les conditions d’accès sont davantage restrictives et stigmatisantes,  la fermant finalement largement. 

Dans un élan lesbophobe qui n’étonne personne, le Sénat a d’abord pris le parti d’une discrimination financière. Le choix s’est porté sur une limitation du remboursement de la PMA aux causes médicales d’infertilité, présupposant ainsi une possibilité de procréation biologique : excluant de fait les couples lesbiens et les femmes seules.

Notons, non sans amertume, qu’actuellement les couples hétérosexuels peuvent prétendre au remboursement de leurs PMA quand bien même l’infertilité d’un des membres ne serait pas médicalement avérée.

 

…L’adoption imposée

Ensuite, le Sénat affirme une volonté de hiérarchiser les liens biologiques et les liens sociaux, et à travers eux, les identités, les sexualités et les familles.

Alors que le gouvernement et l’Assemblée Nationale avaient injustement proposés une reconnaissance anticipée de l’enfant devant notaire par les deux mères – mesure payante que les couples hétérosexuels n’ont pas besoin d’exécuter et qui vient s’ajouter à l’acte de consentement préalable – le Sénat a accentué la discrimination en votant la nécessité pour la mère n’ayant pas porté l’enfant de passer par une procédure d’adoption.  

L’argument avancé par les parlementaires porteurs de l’amendement est que le  « critère de volonté » pour les deux mères aboutirait à un bouleversement  des « principes fondamentaux » du système actuel de filiation, qui s’appuierait sur les liens biologiques. 

Or, s’il est vrai qu’en théorie, le droit français recherche une concordance entre les origines biologiques et la filiation juridique, il en est autrement en pratique. Il serait difficile de ne pas constater un décrochage organisé par le droit entre la filiation comme construction juridique d’une part, et les origines génétiques d’autres part. Comme exemples illustratifs, il convient de rappeler qu’il est possible en droit de n’avoir qu’un seul parent, des parents qui ne sont pas les géniteurs, un parent sur deux qui n’est pas géniteur : reconnaissance de l’enfant du conjoint, présomption de paternité, possession d’état, filiation suite aux PMA avec tiers donneurs par des couples hétérosexuels, adoption.

 Le système juridique de filiation s’est ainsi adapté à la diversité des familles. Il a rompu avec la nécessaire concordance entre la filiation et la biologie. 

Alors que les pères ayant recours à une PMA avec donneur voient leur lien de filiation établi automatiquement grâce au consentement préalable à l’insémination, le Sénat impose à la femme du couple lesbien qui n’a pas porté l’enfant de l’adopter.  

Nos familles sans pères existent. En créant des modalités de filiation d’exception les parlementaires nous mettent délibérément en danger.

 

Nos vies méprisées de manière éhontée

Cette nouvelle version du projet de loi ne semble s’inscrire que dans une politique du faux-semblant ; sous l’illusion de réponse à des revendications et réalités sociales, il n’y a que le mépris de la parole et de l’existence-même des concernéEs. La loi bioéthique telle que votée par le Sénat suinte le mépris, avec de violents relents de lesphobie, de transphobie, de classisme, de grossophobie.

Concrètement la PMA continuera à n’être envisageable que pour les femmes seules ou en couple qui ont les moyens de débourser plusieurs milliers d’euros en procédures médicales et juridiques. Quels changements concrets ? L’argent dépensé pour le processus médical ira dans les caisses françaises (et non espagnoles ou belges).  

Parlementaires, qui êtes-vous pour faire délibérément le choix de, nous exclure, nous appauvrir, nous condamner à l’incertitude, et mettre nos vies, nos familles et nos enfants en danger ? 

L’autonomie des femmes et des personnes trans ainsi que la libre disposition de leurs corps n’est pas négociable. Nous nous opposons à ce que nos vies, nos amours, nos corps, nos familles soient stigmatisés. Nos familles existent que vous le vouliez ou non.

Après 8 ans de promesses, votre mépris n’aura comme seule réponse notre haine.

 

Nos corps, nos vies, nos choix !

25 novembre : le bal des faux-culs

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25 novembre : le bal des faux-culs
ou quand les réactionnaires de toujours
se découvrent féministes d’un jour 

25 novembre 2016, Journée Internationale contre les violences faites aux femmes, Marine Le Pen tweete :

“les violences faites aux femmes sont une insulte à notre civilisation, un fléau contre lequel je mènerai une action lucide et énergique”.

Ce même jour, la Manif pour tous tweete :

“la marchandisation de leur corps par des couples commanditaires est une violence faite aux femmes” et “NON à toutes ces violences faites aux femmes et NON à la GPA = exploitation des femmes”.

Mais de qui se moque-t-on ?? Plus que jamais, dénonçons l’instrumentalisation des femmes et des discours féministes par leurs ennemi-e-s politiques. NON bien sûr, ielles ne sont pas nos allié.e.s. Nous devons réaffirmer avec toujours plus de force qu’iels font le lit des violences subies par les femmes, qu’iels les dénoncent quand ça les arrange pour mieux les instrumentaliser contre une partie de la population. Iels participent au maintien du système patriarcal. Iels en sont même l’un des bras armés.

Sous couvert de défendre les femmes, iels tentent de dresser les groupes minorisés les uns contre les autres. Réaffirmons que notre féminisme est indissociable de la destruction des autres oppressions. Ce que nous voulons c’est la destruction du système cishétéropatriarcal, ce que nous voulons, c’est la destruction de toutes les oppressions.

Dans le même temps, partout dans le monde, les droits des femmes sont menacés et on assiste à une libération et une légitimation toujours plus médiatisées de la parole sexiste. Du tristement célèbre “grab them by the pussy” de Donald Trump, au projet de loi proposé par le parti du président turc Erdogan (prévoyant l’annulation des condamnations pour viols sur mineures si le violeur épouse sa victime), en passant par le coup d’Etat machiste au Brésil ou la remise en cause du droit à l’IVG en cas de viol en Pologne et au Brésil, la violence contre les femmes est un propos audible et un sujet de débat comme un autre. Les porte-paroles du cishétéropatriarcat se portent bien.

La France ne fait pas exception à ce phénomène : de l’analogie faite par François Fillon, expliquant que “la France n’est pas un pays à prendre comme une femme”, aux multiples propos sexistes et nauséabonds autour de “l’affaire Baupin”, en passant par la polémique autour du port du burkini à la plage… Aspirant à la fonction présidentielle, parlementaire ou briguant un ministère, les personnalités politiques s’en donnent à cœur joie, martelant que le corps des femmes ne leur appartient pas, que la parole de n’importe quel homme a plus de poids que leurs choix.

Double discours, même objectif : instrumentaliser les femmes à des fins qui n’ont aucun rapport avec la fin de leur oppression ! A l’aune des élections présidentielles, il nous faut refuser la récupération de la classe des femmes par ces discours politiques.

Affirmons à ceux qui veulent nous instrumentaliser que nous ne sommes pas leurs pions, et que jamais nous ne serons la caution de leurs propos démagogiques, racistes et xénophobes.

Affirmons à ceux qui veulent nous instrumentaliser que nous ne sommes pas leurs faire-valoirs, et qu’il ne suffit pas de nous tendre une carotte pour que l’on marche sagement derrière sans remettre en question leurs politiques.

Affirmons à ceux qui veulent nous maintenir sous leur domination et nous retirer les quelques droits durement obtenus que nous nous battrons pour mettre fin à leur système.

Partout dans le monde, des femmes se lèvent pour lutter contre toutes les formes de violences dont elles sont victimes. La fin de ces violences ne passera pas par le bal des faux-culs mais par les féministes. Ne les laissons pas faire croire le contraire.

Lettre ouverte à Stéphanie di Giusto, réalisatrice de « La Danseuse », de la part de FièrEs

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« Tout ce qui est non-nommé, non-représenté, tout ce qui est omis dans les biographies, censuré dans les recueils épistolaires, tout ce qui est inadéquatement renommé et dont l’accès est complexifié, tout ce qui est enseveli dans la mémoire par l’effondrement du sens sous le poids d’un langage inapproprié ou mensonger – tout cela rejoindra non seulement l’innommé mais aussi l’innommable. »

Adrienne Rich

Madame,

Résumons. La Danseuse, votre premier film, dépeint la vie de Loïe Fuller, danseuse et chorégraphe états-unienne d’avant-garde. Icône de la Belle Époque, admirée pour ses audaces esthétiques et l’inventivité de ses créations, cette pionnière de la danse moderne est restée célèbre pour sa fameuse “Danse Serpentine”. Pionnière, elle le fut aussi dans sa vie personnelle : ayant rompu un mariage dont rien ne nous permet de savoir s’il fut réellement désiré, elle vécut ouvertement son amour avec Gabrielle Bloch, sa compagne, son associée et sa collaboratrice, trente années durant.

Vous avez réalisé un film sur la vie de cette artiste et avez dû faire des choix “artistiques”… Soit. Mais ce que vous avez choisi de gommer, ce que vous vous êtes permis de considérer comme anecdotique ou insignifiant, altère profondément le sens que Loïe Fuller avait choisi de donner à son existence. En censurant le lesbianisme de Loïe Fuller, pour lui imposer une relation hétérosexuelle, avec un personnage masculin inventé de toutes pièces, vous ne faites pas un choix artistique, mais un choix politique : vous niez à votre sujet le droit et la capacité à s’être constitué une existence libre et indépendante de toute présence masculine, à contre-courant des moeurs de son temps.

Ce que vous refusez de comprendre c’est que, loin d’être anecdotiques, ses choix sont profondément liés à ses positions esthétiques d’avant-garde. En faisant de Gabrielle Bloch une simple collaboratrice, vous avez réduit trente années de relation et de complicité artistique à quelques regards et soupirs sibyllins. Mais vous qui êtes une artiste, ne pouvez-vous donc pas comprendre l’importance de la vie personnelle d’une créatrice dans ses choix artistiques ? Comme le souligne Catherine Gonnard, le fait que Loïe Fuller ait choisi de créer une compagnie avec des femmes est loin d’être anodin : “elle ne travaille qu’avec des femmes… Ce sont des choix, c’est tout un engagement à l’époque. Un mode de vie lesbien, ce n’est pas juste coucher avec une femme. À une époque où les hommes sont partout, elle décentre les regards. Alors que les hommes jusque-là se sont tous autoproclamés, une femme peut d’un coup décider qui est important. » Dans ces conditions, vous comprendrez que ce que vous appelez “votre liberté artistique” constitue une mécompréhension complète de celle de Loïe Fuller, qu’elle a défendu toute sa vie.

Sans compter qu’en plus d’être lesbophobe, votre perspective est sexiste : une figure de femme « toute seule », c’est-à-dire sans homme vous dérange à ce point ? Vous faut-il donc un personnage masculin pour rétablir “l’équilibre” ? Fallait-il réellement à Loïe Fuller un protecteur pour être “complète” ? Au passage, vous avez une drôle de conception de la “séduction” entre un homme et une femme : outrepasser le consentement d’une personne, insister et s’imposer, jusqu’à faire céder, n’a rien de romantique ni d’érotique. Ce sont des rapports de domination sexistes, qui portent un nom : la culture du viol.

Mais ce n’est cependant pas la seule liberté sexiste que vous prenez avec la vie de votre sujet ; votre film en est saturé jusqu’à l’écoeurement. Lorsque vous choisissez de représenter la mère de Loïe Fuller vous en faites l’archétype de la marâtre, alors qu’elle a pris soin de préciser dans son autobiographie que sa mère l’a soutenue toute sa vie, qu’elle lui a permis de faire ses débuts sur scène très jeune sans l’y forcer ni l’en empêcher… Vous dénaturez toutes les relations féminines que Loïe a entretenues avec une constance rare : quel “hommage” en effet ! Et quand vous nous gratifiez d’un moment « lesbien », entre Loïe et Isadora Duncan, c’est pour tomber dans le cliché éculé de la séduction manipulatrice : car quelle motivation autre que le désir d’humilier pourrait présider à un baiser entre deux femmes ?

Voici donc la réalité des “libertés artistiques” que vous vous permettez de porter à l’écran : plutôt qu’un amour lesbien, que vous estimez vu et revu, vous préférez représenter un viol hétérosexuel, ou un baiser torride entre deux filles, digne d’une introduction de film X mainstream. Quelle originalité…

Ne mâchons pas nos mots : vous n’avez pas fait un film sur Loïe Fuller. Vous avez réalisé une “énième” vie d’artiste torturée, en vous servant du nom de Loïe Fuller pour la vendre à vos producteurs. Par paresse, ou conformisme, vous avez commis un “énième film” hétérosexuel, sans chercher à comprendre (ou peut-être sans pouvoir comprendre) le lien entre la vie et l’oeuvre d’une artiste. Dommage pour un biopic.

FièrEs

« Elle » fait bander les critiques ; il est à gerber

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« Elle » de Paul Verhoeven, sorti à Cannes et sur nos écrans cette semaine, explose les scores du box-office, bénéficie d’un plan com’ bien rôdé et d’une déferlante de critiques dithyrambiques. Le secret du succès ? Surfer sur la vague malheureusement bien connue de la culture du viol.

Il est génial ce film, il permet aux journalistes pourfendeurs de la bien-pensance de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas : les femmes, au fond, elles aiment quand on les force. Ça les fait mouiller, ça les fait jouir, voire même, il n’y a que ça qui les excite : quand les hommes les frappent, les mettent à terre, les empêchent de se débattre, les insultent et jouissent en 3 secondes avant de repartir vaquer à leurs occupations. Ça, c’est le fantasme des femmes. Et heureusement que quelques cinéastes courageux et révolutionnaires osent le montrer. Y’en a marre de cette dictature du consentement et du plaisir féminin, franchement !

Breaking news : dans une société patriarcale où la plupart des discours sont produits et relayés par les hommes, même les femmes ont fini par croire qu’elles fantasmaient sur les violences dont elles sont victimes. Le patriarcat reste un système malin, sournois, et encore très performant en 2016, qui permet à la misogynie la plus crasse d’être intériorisée par les femmes. Mais malgré ce qu’ils essaient de nous faire croire, le viol est d’abord le fantasme de ces hommes qui écrivent et qui filment.

Alors « Elle », film « jouissif », « subversif », « jubilatoire » ? « Thriller érotique » (20minutes.fr) à propos d’une « violente agression » (joli euphémisme de L’Express) ? Plutôt une apologie du viol comme on en a rarement vue, en mode « voilà ce qu’attendent toutes les quinquas sexy dans leurs maisons bourgeoises ». Non seulement elle aime ça, mais elle en redemande, elle entre dans une relation presque affective (carrément !) avec son violeur qui est un chic type « à l’âme torturée » et dont l’épouse remerciera l’héroïne de lui avoir donné ce dont il avait besoin ! [Attention, on vous spoile et on s’en cogne]

La suite à lire ici !

Le LesboTruck revient : lesbiennes visibles, lesbiennes invincibles

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Le LesboTruck c’est quoi ? Le seul char lesbien de la Marche des Fiertés LGBT 2016 de Paris. Oui, le SEUL. L’année dernière, apprenant que nous allions peut-être vivre une Marche des Fiertés LGBT de Paris sans char pour les lesbiennes, nous avons décidé de relever le défi : monter un char et un collectif en deux mois.

Parce qu’être visibles nous rend plus fortes, parce que nous devons occuper tous les espaces, nous n’avons pas voulu laisser cette place vide. Le LesboTruck est donc un char d’assaut (et d’assos !) pour affirmer la visibilité lesbienne lors de la Marche des Fiertés, mais aussi un tremplin pour réclamer la PMA pour toutes les femmes et la réforme de la filiation, pour lutter contre la lesbophobie, pour visibiliser les questions de santé spécifiques aux FSF, pour mettre en avant la culture lesbienne.

Porté par trois associations féministes et/ou festives (Cineffable, FièrEs et Fuk the Name) ainsi que des individuEs, le projet du LesboTruck est soutenu par des partenaires lesbiens et lesbian-friendly. Cagnotte : https://www.lepotcommun.fr/pot/ha4kimf8

Fédérer les lesbiennes et les associations autour de ce projet commun et du slogan « Dykes are united » (« Gouines unies »), tel est l’objectif du LesboTruck qui va cette année encore réunir l’argent et les forces nécessaires pour faire rouler, lors de la Marche des Fiertés de Paris, un char lesbien derrière lequel toutes les lesbiennes seront invitées à se réunir !

Ensemble on fera bouger les choses, ensemble on va se rassembler, ensemble on sera visibles  une nouvelle fois lors de la Marche des Fiertés de Paris. Le LesboTruck c’est le char créé par et pour TOUTES les lesbiennes.Le collectif LesboTruck, c’est un char, mais pas seulement. C’est un message fort que les associations et les individuEs mobilisées ont voulu envoyer. Ce message, c’est que la visibilité est un enjeu politique en soi.

Tant que deux femmes n’oseront pas se tenir la main dans la rue, tant que 60% des lesbiennes déclareront avoir subi de la lesbophobie au cours des deux dernières années, tant que 74% d’entre elles n’oseront pas en parler à leur famille, et 82% n’oseront pas en parler à leurs collègues par peur du rejet, nous aurons férocement besoin de sortir du placard, d’être visibles, nous militantes, nous devrons monter des chars, des collectifs, des soirées, promouvoir nos cultures lesbiennes, prendre l’espace, parler de nous et de nos vies, de nos enjeux. Nous devrons témoigner et dire à quel point le système hétéropatriarcal nous écrase, nous devrons marcher pour obtenir le droit à disposer librement de nos corps pour nous-mêmes. Car la Marche des Fiertés n’est pas seulement un défilé festif, c’est pour nombre d’entre nous, un événement de visibilité salvatrice : nous nous souvenons toutes de notre première Marche, celle où nous avons constaté que nous n’étions pas seules. Le LesboTruck roulera donc pour toutes les jeunes lesbiennes et les jeunes biEs, et aussi pour les lesbiennes demandeuses d’asile, qui ont besoin de voir qu’elles ne sont pas seules, que les lesbiennes et les biEs existent, qu’elles s’aiment, qu’elles aiment, qu’elles dansent et qu’elles revendiquent. Et surtout : qu’elles n’ont pas honte d’être qui elles sont.

LesboTruck c’est avant tout un projet pour lutter contre le silence dont on entoure les lesbiennes dans la sphère publique et médiatique. Ce silence fait croire aux adolescentes qu’elles ne sont pas « comme il faut », ce silence leur fait croire qu’elles doivent changer, et cela peut parfois avoir des conséquences funestes. Pour ces jeunes, les lesbiennes doivent prendre l’espace et se montrer fières de leurs identités.

Parler de visibilité, c’est aussi parler de visibilité de nos revendications politiques ; nous arrivons bientôt en 2017 et la PMA n’est toujours pas ouverte aux femmes célibataires et aux couples de femmes en France. Le droit des femmes à disposer de leur corps n’a toujours pas avancé. Lors de cette dernière Marche avant les élections présidentielles, nous faisons le compte des promesses non tenues, nous faisons le compte des reculs, nous faisons le compte de la droitisation du gouvernement qui impose des mesures liberticides, contre lesquelles les militantes que nous sommes ne peuvent que s’élever.

Non, « lesbienne » n’est pas un gros mot. C’est ce que nous sommes. D’autres qui nous suivent  et participent au projet sont biEs, certaines sont aussi trans’, intersexes, ou les deux, d’autres non binaires ou gender-fucker, butch ou fem, pansexuelles ou asexuelles, et qu’ielles se reconnaissent ou non dans une identité lesbienne ou gouine, touTEs celles et ceux qui nous soutiennent sont invitéEs à se joindre au LesboTruck pour faire de cette marche NOTRE marche.

DYKES ARE UNITED ! Rejoignez-nous et soutenez-nous !


Soirée de lancement le 8 avril 2016 à La Mutinerie
19h30 – 178 rue Saint-Martin, Paris 3e (DJs sets, performances, tombola de soutien…)

Cineffable est une association dont l’objet est de soutenir et de promouvoir la culture lesbienne et féministe en mettant en avant les œuvres cinématographiques, artistiques et
littéraires de femmes. Cineffable organise chaque année le «Festival international du film lesbien et féministe de Paris», un espace réservé à toute personne s’identifiant en tant que femme, dont la 28e édition se tiendra du 28 octobre au 1er novembre 2016 à l’Espace Reuilly (Paris 12). L’association organise par ailleurs tout au long de l’année des activités et projections de films ouvertes à toutes et à tous.
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contact@cineffable.fr

FièrEs est une association féministe radicale et révolutionnaire non-mixte. Notre féminisme est intrinsèquement lié à nos identités lesbiennes, bies et/ou trans’. L’association a été créée en 2013 et son objectif principal est de contribuer à détruire le cishétéropatriarcat dans toutes ses dimensions. FièrEs analyse les luttes LGBT dans une perspective féministe et lutte contre toutes les LGBT-phobies.  Nous sommes laïques et indépendantEs de tout parti politique. FièrEs se positionne contre toutes les oppressions.
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contact.fieres@gmail.com

Fuk The Name est un collectif féministe créé en 2012, pour des femmes, et tous ceux qui contribuent à les sublimer. FUKTN organise des soirées et  des événements mixtes, en privilégiant la musique, la danse et toutes autres formes artistiques. Son leitmotiv : fuk the name- fuk the gender – fuk the colors … don’t explain you never change. Son but : donner de la voix à une minorité, qui reste trop souvent silencieuse.
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collectiffukthename@gmail.com

Enquête de l’Ined sur les modes de vie LGBT : une enquête bienvenue mais perfectible

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L’Institut national d’études démographiques (Ined) a lancé une enquête sur les modes de vie, la santé et les situations d’insécurité des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et trans’ (LGBT). Cette enquête s’appuie sur un questionnaire en ligne, accessible jusqu’à fin mars 2016, sur un site dédié : http://www.ined-lgbt.fr

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Elle a pour objectif de mieux connaître les expériences ordinaires des LGBT, la variété de leurs vies, les difficultés auxquelles elles/ils font face.

Lors de sa sortie en novembre, cette enquête a suscité de nombreuses critiques et réactions négatives. Les militantEs de FièrEs, comme d’autres, ont été surprisEs de découvrir certaines des formulations et directions choisies. Ayant contacté l’équipe de recherche de l’Ined afin de corriger ces manquements et d’améliorer la qualité et la précision de l’enquête, nous avons pris la décision de ne pas retirer notre partenariat.

En effet, même si celle-ci est encore très perfectible, nous voulons souligner la nécessité d’une telle enquête et en soutenir la démarche. Nous estimons que cette enquête quantitative couplée à une méthodologie qualitative ouvre un dialogue et peut faire bouger les lignes sur les catégories prises en compte dans le monde de la recherche. Elle participe à la visibilisation de catégories minorisées. Nous espérons que la base de données sera libre d’accès afin que les chercheuses.eurs et les militant.e.s puissent s’en saisir et ainsi produire de nouveaux éléments de connaissance. Nos communautés en ont désespérément besoin afin d’en faire des outils d’empowerment et des moyens d’actions… l’un des freins aux actions d’envergure, dans le domaine de la santé par exemple, étant le manque de données et d’informations fiables.

Toutefois, cette enquête pêche à inclure les personnes non-binaires, trans’ et intersexes, reconduisant ainsi les violences et l’invisibilisation subies. Les réponses proposées sont souvent trop limitatives et ne nous représentent pas suffisamment. De l’aveu des responsables de l’enquête :

« Faire une enquête statistique, c’est tenter de saisir les contours d’une population, et laisser de côté les singularités : essayer de faire un état des lieux qui permet d’avoir une image, même grossière, et qui permet les comparaisons avec d’autres populations. Répondre à un questionnaire statistique, c’est donc nécessairement « rentrer dans des cases » : pas pour en affirmer la légitimité, mais justement pour montrer leur poids social, ou leur limite et peut-être, finalement, pouvoir s’en défaire. »

Lors de notre rendez-vous de travail de décembre, les responsables nous ont assuréEs que les questions sur l’état civil du ou de la répondant.e, qui ont pu heurter, permettraient de mettre en lumière les discriminations spécifiques aux personnes ayant, à un moment de leur vie, un état civil non conforme à leur genre. De même, le champ de texte permettant de spécifier librement son genre pourra surligner que la binarité de genre n’est pas une évidence pour tout le monde.

Les critiques que l’on peut encore adresser à l’enquête de l’Ined sont nombreuses :

  • l’impossibilité de déclarer avoir deux pères ou deux mères ;

  • la formulation plus que douteuse de la question SE3F sur LA « féminité » ou LA « masculinité » – des guillemets n’auraient pas été de trop ;

  • l’impossibilité pour les personnes ayant plusieurs nationalités de le spécifier ;

  • la mise sur le même niveau d’un rapport sexuel et d’une agression sexuelle (question SE8c) ;

  • l’aspect binaire de nombreuses questions/réponses pose toujours problème, malgré les corrections effectuées en ce sens fin décembre et auxquelles nous avions contribué.

A ce sujet, nous vous renvoyons aux explications données par Christelle Hamel, Tania Lejbowicz et Mathieu Trachman lors d’un entretien accordé à Yagg : http://yagg.com/2016/01/04/enquete-de-lined-sur-les-modes-de-vie-des-lgbt-est-il-possible-de-faire-rentrer-tout-le-monde-dans-des-cases/

 

Le communiqué de presse de l’enquête précise la visée et la marche à suivre :

« Le questionnaire en ligne est composé de plusieurs volets – le profil sociodémographique (âge expériences conjugales et sexuelles, parcours scolaire et professionnel), l’état de santé, les espaces de vie (études, travail, couple, famille) et les expériences au cours de la vie – et nécessite une quarantaine de minutes avec la possibilité de le remplir en plusieurs fois grâce à un mot de passe.

Les résultats de cette enquête permettront de mieux comprendre le mode de vie des LGBT, d’éclairer sur les évolutions de leur santé et leurs difficultés face aux différentes formes d’insécurité, notamment celles liées à la LGBTphobie. Les premiers résultats statistiques seront rendus publics en 2017. »

Pour répondre à l’enquête, c’est ici : http://www.ined-lgbt.fr

[MANIFESTE] LesboTruck : lesbiennes visibles, lesbiennes invincibles

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Le LesboTruck c’est quoi ? C’est le seul char lesbien de la Marche des Fiertés LGBT 2015 de Paris. Oui, le seul. Les « Gouine comme un camion » ayant décidé de prendre une pause bien méritée, nous avons failli cette année vivre une Marche des Fiertés LGBT sans char pour les lesbiennes. Parce qu’être visibles nous rend plus fortes, parce que nous devons occuper tous les espaces, nous n’avons pas voulu laisser cette place vide. Le LesboTruck sera donc un char d’assaut pour affirmer la visibilité lesbienne lors de la Marche des Fiertés, mais aussi un tremplin pour réclamer la PMA pour toutes les femmes et la réforme de la filiation, et pour lutter contre la lesbophobie.
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Porté par trois associations féministes (Cineffable, FièrEs et Fuk the Name) ainsi que des individuEs, le projet du LesboTruck est soutenu par des partenaires lesbiens et lesbian-friendly.

Fédérer les lesbiennes et les associations autour de ce projet commun et du slogan « Dykes are united » (« Gouines unies »), tel a été l’objectif du LesboTruck qui en deux mois a réussi à réunir l’argent et les forces nécessaires pour faire rouler, ce 27 juin 2015, un char lesbien derrière lequel toutes les lesbiennes seront invitées à se réunir !

Le collectif LesboTruck, c’est un char, mais pas seulement. C’est un message fort que les associations et les individuEs mobilisées ont voulu envoyer. Ce message, c’est que la visibilité est un enjeu politique en soi.

Tant que deux femmes n’oseront pas se tenir la main dans la rue, tant que 60% des lesbiennes déclareront avoir subi de la lesbophobie au cours des deux dernières années, tant que 74% d’entre elles n’oseront pas en parler à leur famille, et 82% n’oseront pas en parler à leurs collègues par peur du rejet*, nous aurons férocement besoin de sortir du placard, d’être visibles, nous militantes, nous devrons monter des chars, des collectifs, des soirées, promouvoir nos cultures lesbiennes, prendre l’espace, parler de nous et de nos vies, de nos enjeux. Nous devrons témoigner et dire à quel point le système hétéropatriarcal nous écrase, nous devrons marcher pour obtenir le droit à disposer librement de nos corps pour nous-mêmes. Car la Marche des Fiertés n’est pas seulement un défilé festif, c’est pour nombre d’entre nous, un événement de visibilité salvatrice : nous nous souvenons toutes de notre première Marche, celle où nous avons constaté que nous n’étions pas seules. Le LesboTruck roulera donc pour toutes les jeunes lesbiennes et les jeunes biEs, et aussi pour les lesbiennes demandeuses d’asile, qui ont besoin de voir qu’elles ne sont pas seules, que les lesbiennes et les biEs existent, qu’elles s’aiment, qu’elles aiment, qu’elles dansent et qu’elles revendiquent. Et surtout : qu’elles n’ont pas honte d’être qui elles sont.

LesboTruck c’est avant tout un projet pour lutter contre le silence dont on entoure les lesbiennes dans la sphère publique et médiatique. Ce silence fait croire aux adolescentes qu’elles ne sont pas « comme il faut », ce silence leur fait croire qu’elles doivent changer, et cela peut parfois avoir des conséquences funestes. Pour ces jeunes, les lesbiennes doivent prendre l’espace et se montrer fières de leurs identités.

Parler de visibilité, c’est aussi parler de visibilité de nos revendications politiques ; alors qu’en 2012 l’ouverture de la PMA à toutes les femmes faisait partie des promesses du candidat François Hollande, nous arrivons bientôt en 2017 et la PMA n’est toujours pas ouverte aux femmes célibataires et aux couples lesbiens en France. Le droit des femmes à disposer de leur corps n’a toujours pas avancé. Nous ne devons pas baisser les bras, au contraire nous devons maintenir la pression sur les politiques pour imposer la PMA dans leur calendrier et faire exister ces revendications, qui sont plus que jamais d’actualité.

Non, « lesbienne » n’est pas un gros mot. C’est ce que nous sommes. Certaines aussi sont biEs, certaines sont aussi trans’, intersexes, ou les deux, d’autres non binaires ou gender-fucker, butch ou fem, pansexuelles ou asexuelles, et qu’ielles se reconnaissent ou non dans une identité lesbienne ou gouine, touTEs celles et ceux qui nous soutiennent sont invitéEs à se joindre au LesboTruck pour faire de cette marche NOTRE marche.

Ensemble on fera bouger les choses, ensemble on va se rassembler, ensemble on sera visibles lors de la Marche des Fiertés de Paris. Le LesboTruck c’est le char créé par et pour TOUTES les lesbiennes.

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*Chiffres tirés du rapport « Enquête nationale sur la visibilité des lesbiennes et la lesbophobie » de SOS-Homophobie, 2015.

DYKES ARE UNITED !

Rejoignez-nous le 27 juin 2015!

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Twitter : @lesbotruck

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Le collectif LesboTruck est composé des associations Fuk The Name, FièrEs et Cineffable.

Cineffable est une association non-mixte, à but non lucratif, pour soutenir et promouvoir l’expression culturelle des femmes et des lesbiennes, lutter contre toute forme de sexisme, racisme et homophobie. Elle organise chaque année, depuis 26 ans, le Festival International de films lesbiens et féministes de Paris. cineffable.fr / contact@cineffable.fr

Fuk The Name est un groupe créé en 2012, par des femmes, pour des femmes, et tous ceux qui contribuent à les sublimer. Fuk The Name organise des soirées, des événements, en privilégiant la musique, la danse et toutes autres formes artistiques. Le but est d’essayer d’ouvrir une petite voie à une minorité, qui reste pour le moment trop souvent silencieuse. www.facebook.com/fukthenamecollectif / collectiffukthename@gmail.com

FièrEs est une association féministe, lesbienne, bi, trans, créée en 2013 et dont les objectifs principaux sont de visibiliser les lesbiennes et leurs luttes, combattre l’hétérosexisme et les LGBT-phobies, et mener toutes les autres luttes féministes. fieres.wordpress.com / contact.fieres@gmail.com