1er décembre : Journée mondiale de lutte contre le sida

Publié le Mis à jour le

Le 1er décembre 2015, à l’occasion de la 27e Journée mondiale de lutte contre le sida, FièrEs tient à dénoncer les inégalités de traitement flagrantes qui vulnérabilisent particulièrement les femmes face au VIH. Des mesures préventives doivent être prises, à tous les niveaux (recherche pharmaceutique, campagnes médiatiques, prise en charge médicale) et adaptées aux spécificités des populations concernées.

Les femmes, les hommes trans’ et autres personnes AFAB (Assigned Female At Birth = personnes assignées « femmes » à la naissance) sont une population particulièrement exposée au VIH car, comme l’anus, la muqueuse vaginale est une zone largement exposée aux infections. Les traitements pharmaceutiques ainsi que leurs dosages ont été élaborés pour des corps d’AMAB (Assigned Male At Birth = personnes assignées « hommes » à la naissance), et sont donc inadaptés et peuvent être difficiles à supporter pour les AFAB.

De manière générale, la sexualité des femmes demeurant un tabou majeur, elles n’ont que difficilement accès à l’information et à l’action préventive. A l’heure actuelle en France, 18% des nouvelles infections concernent des personnes de plus de 50 ans*, en partie parce qu’elles ont, pendant des années, échappé aux campagnes préventives. Le manque flagrant de prévention se fait également sentir auprès des FSF (femmes cis ou trans ayant des relations sexuelles entre elles), notamment concernant les risques de co-infection par les virus VIH et HPV. La sexualité entre femmes étant invisibilisée, la prévention qui devrait l’accompagner est depuis toujours négligée, laissant des idées reçues régir les sexualités de nombreuses personnes concernées. Par ailleurs, cette invisibilisation touche très fortement les FtM (hommes trans) et les personnes non-binaires, qui se trouvent ainsi également exposéEs au VIH.

Le système hétéropatriarcal qui organise un contrôle de la sexualité des femmes, perçue comme taboue et qui répand la culture du viol en niant leur consentement concernant les pratiques sexuelles et les conditions de ces pratiques, comme le port du préservatif, renforce leurs difficultés d’accès à l’information, à l’action préventive et les met en danger. Par ailleurs, les campagnes et autres mesures de lutte contre les violences faites aux personnes séropositives ne prennent pas en compte les spécificités des discriminations dirigées contre les femmes.

Rappelons-le, les femmes sont généralement plus précarisées. Nous pensons notamment aux femmes exilées, qui sont particulièrement vulnérables (difficulté d’accès aux soins, d’accès à l’information, de maîtrise de leur sexualité, etc.). L’étude de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) « Parcours de vie, VIH et hépatite B chez les migrants sub-Sahariens vivant en Ile-de-France »* montre pour la première fois que 30 % des femmes migrantes sont contaminées par le VIH après leur arrivée en France. Pour Annabel Desgrees du Loup, chercheuse qui a coordonné l’étude, ce chiffre s’explique par les situations de précarité (sans papiers ou sans logement) vécues par les femmes exilées.

⇒ Il est donc impératif de mettre en place des mesures préventives à destination des femmes cisgenres ou trans, des hommes trans et autres personnes AFAB, de tous âges, de toutes conditions sociales et de tous horizons, en prenant en compte les spécificités des identités et des pratiques de chaque population.

Nous exigeons, pour ces publics concernés et délaissés des campagnes préventives :

– une recherche et développement des traitements pharmaceutiques qui prenne en compte la spécificité de ces corps.

– des campagnes médiatiques adaptées aux discriminations spécifiques qu’elleux subissent.
– un accueil et une réelle prise en charge médicale ainsi qu’un accès aux soins facilité pour touTEs les personnes concernées, notamment celles en situation de précarité.

Quelques brochures : 

– « Tomber la culotte », éditée par Le Kiosque Infos Sida et Sida Info Service (http://www.planning-familial.org/sites/internet/files/fsf_brochure_210911_bassedef.pdf)

– « Femmes et IST », éditée par Le Kiosque Infos Sida (http://www.lekiosque.org/le-kiosque/item/97-femmes-et-ist)

– « Petit manuel des IST entre femmes », éditée par SOS Homophobie (http://www.sos-homophobie.org/sites/default/files/brochure_ist_entre_femmes.pdf).

 

*http://www.invs.sante.fr/beh/2014/9-10/2014_9-10_1.html
* Parcours de vie, VIH et hépatite B chez les migrants sub-Sahariens vivant en Ile-de-France, ANRS, paru le 1er décembre 2015. ANRS PARCOURS est une enquête réalisée entre février 2012 et mai 2013 auprès de migrants venant d’Afrique subsaharienne, afin de déterminer leurs besoins de santé et d’améliorer les stratégies de prévention, de dépistage et de prise en charge de l’infection par le VIH et l’hépatite B. Conduite en Ile-de-France, région accueillant le plus grand nombre de migrants d’Afrique subsaharienne, au sein de 74 services de santé, dont 24 services hospitaliers de suivi du VIH, ANRS PARCOURS a été réalisée en collaboration entre des équipes de l’IRD, de l’Inserm et de l’INPES, ainsi qu’avec le soutien d’associations de migrants et de malades.
http://www.eurosurveillance.org/ViewArticle.aspx?ArticleId=21311

 

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